Les pointes organiques aurignaciennes et mousteriennes de Divje babe I, Slovenie Reconstruction des pointes par la theorie de flambages Fran9ois Zoltän HORUSITZKY Izvleček Rekonstrukcija fragmentiranih koščenih in rogovinastih konic neke regije je pogoj za statistično analizo. Velika večina najdenih konic je namreč fragmentiranih (op. prevajalca). Članek ima dva cilja: predstavitev metode za rekonstruiranje konic na podlagi posledic obremenitve in izračuna o trdnosti materiala in prikaz praktične uporabe na podlagi rekonstrukcije konic iz Divjih bab I. Tako bo pojasnjenih veliko vprašanj, povezanih predvsem z večkratnimi prelomi in ugotavljanjem precepljene baze. Orinjasjenske konice iz Divjih bab I so podobne konicam iz jam Iställosko in Dzeravä skala, musterjenske pa lahko primerjamo z nekaterimi najdbami zelo starih konic iz organskih materialov v jamah Vogelherd in Lieglloch. S primerjalno študijo bodo pridobila na vrednosti vsa štiri najdišča. Teoretska podlaga je podana na avtorjevi spletni strani (Annexe Theorie: http://site.voila.fr/horusitzkymusic1), vendar teorija ne more obravnavati večine okoliščin, kot so različni preseki konic, ekscentričnost udarca oz. sunka in netoga nasaditev. V članku predlagamo praktične rešitve za določanje območja preloma in dolžine, manjkajočih odlomljenih delov. Metoda pa ni nezmotljiva: za opredelitev izhodiščnih pogojev bo potrebna presoja arheologa, prav tako za izbor določene rekonstrukcije med več možnimi. Ključne besede: Slovenija, Divje babe I, orinjasjen, organske (kost, rogovina) konice, precepljena baza, musterjenske organske konice, rekonstrukcija fragmentiranih konic, obremenitev in njene posledice, prelomi Abstract The reconstruction of bone and antler points is the first step towards statistical enquiry into the totality of points in a region. There were two aims in this article. First, to note a method of reconstruction on the basis of buckling and calculation by strength of material. Secondly, with the reconstruction of the Divje babe points, a practical application is displayed. Many problems are explained, particularly those of multiple fractures and the base splitting diagnostics. The points of Divje babe have analogies among the Aurignacian points of Iställosko and Dzeravä skala. The Mousterian points can be compared to some very old finds at Vogelherd and Lieglloch. These comparisons are of mutual use. The theoretical basis is accessible on the web site (Annexe Theorie: http://site.voila.fr/horusitzkymusic1). But theory cannot deal with the majority of situations, such as the variable sections of the points or eccentric impact or lack of rigidity in the hafting. Practical solutions are proposed to determine the zones of rupture and the length of the missing fragments. Nonetheless the method is not infallible: a level of competence by the archaeologist is required to define the initial conditions and to choose between the possible reconstruction options. Keywords: Slovenia, Divje babe I, Aurignacian, organic points (bone or antler), split-bases, Mousterian points, reconstruction, buckling, fractures 1. INTRODUCTION Fragments aurignaciens Notre sujet est la reconstruction des fragments pointus organiques de Divje babe I. Apres la reconstruction des fragments aurignaciens (D. b. 407 et D. b. 427) de la couche 2 j' ai choisi parmi les artefacts osseux mousteriens, parfois hypothetiques, quatre fragments qui resultent de fractures multiples. Datation indirecte 14C : »35.000 BP (Nelson 1997) et RPE »40.000 BP (Blackwell et al. 2007): 1. La pointe n°407 Pointe ä base fendue, legerement courbee, en bois de cerf. Source : Dessin Turk et al. 1997, Brodar 1999. Photographie d'origine, cotation des epaisseurs envoyees par Ivan Turk. 2. Fragment terminal n°427 Source : Dessin Turk et al. 1997, Brodar 1999. Photographie d'origine, cotation des epaisseurs envoyees par Ivan Turk. En plus on a trouve ä Divje babe I une petite pointe de fleche n°429 (Turk et al. 1997 ; Brodar 1999 : avec profil) et un fragment median n°408 (Turk et al. 1997 ; Brodar 1999). J'y ai ajoute trois pointes de comparaison d'Iställöskö. Les trouvailles semblables dans d'autres sites permettent de confirmer mutuellement les conclusions archeologiques. Fragments mousteriens 1. D. b. 3/10 (Turk et al. 2001 ; Brodar 1999 : dessin avec profil). Reconstruction statistique (Turk 2002). Datation indirecte par resonance paramagnetique electronique (RPE) : »70.000 BP (Blackwell et al. 2007). 2. D. b. 406/20 (Turk et al. 2001 ; Brodar 1999). Photographie, avec profil. Datation indirecte RPE : »110.000 BP (Blackwell et al. 2007). 3. D. b. 7/? (Turk et al. 2001 : apex avec profil ; Brodar 1999 : base). Datation indirecte RPE : » 80.000 BP (Blackwell et al. 2007). 4. D. b. s.n. 6 ali 7 (Turk et al. 2001 : avec profil). Douteux comme artefact. Datation indirecte 14C : »43.000 BP (Nelson 1997) et RPE : »55.000 BP (Blackwell et al. 2007). En plus il existe : - deux fragments medians, s.n. /7 (Turk et al. 2001), - sept fragments de bases (?) tres courtes et pour la plupart tres epaisses (Turk et al. 2001). Les fragments de pointes mousteriens sont tres sporadiques et discutables. On doit se contenter d'analogies plus recentes. Dans l'article Turk et al. (2001) figurent sept references qui citent quelques pointes1. Recemment Bolus et Conard (2006) ont classe une pointe de Vogelherd VI parmi les pointes mousteriennes, datees seulement ä 31.310 BP par datation 14C directe, parce que leur provenance 1 Des artefacts osseux sont signales des le Paleolithique inferieur ä Ambrona (Villa et al. 2005), Torralba (Aguirre 2005-2006) etc. est d'une couche sous l'Aurigancien et leur faible epaisseur et l'aspect sont differents des pointes aurignaciennes classiques. Les autres fragments mousteriens donnent des idees nouvelles sur la fonction de la pieces de Lieglloch (Mottl 1950) bien que beaucoup plus anciens. Les trouvailles sporadiques nous incitent ä poser la question : Est-ce que Neandertal ou homme mousterien a utilise un outillage en os? La reponse est non. Est-ce qu'il etait capable d'en faire des outils? La reponse est oui. Il faut noter que les reponses ä ces deux questions dependent des sympathies. Les amis des Neandertaliens diront uniformement oui aux deux questions. Les adversaires diront globalement non sans nuances. La reponse scientifique sera eclairee par l'exem-ple suivant : Prenons un exemple actuel. Est-ce que la Femme Anatomiquement Moderne utilise un spectrometre ESR? Faites un sondage dans la rue : la reponse sera massivement non (de style : je fais le gateau avec du beurre etc.). En revanche si par hasard Bonnie Blackwell est parmi les passants, sa reponse sera oui. Cela veut dire que l'emploi de ESR n'est pas incompatible avec les capacites feminines modernes mais il serait premature d'en conclure que toute l'humanite est capable de se servir d'un spectrometre ou serait capable d'en comprendre les rudiments. On retourne ä la prehistoire. Il existait toujours des esprits non conventionnels qui ont fait autre-ment que la majorite. C'est lä justement l'interet des outils mousteriens en os. Pour quelle raison ont-ils pu avoir l'idee de fabriquer des outils en os ? Pour quelle raison cette tentative etait peu concluante puisque la grande majorite n'a pas suivi cette idee bien que, de toute evidence, possedait la capacite de le faire? Apres l'examen et le reconstruction des pieces de Divje babe I nous essayerons d'avancer quelques reponses ä cette question intrigante. 2. METHODE PRATIQUE DES RECONSTRUCTIONS La reconstruction des pointes cassees a un in-teret evident. Les etudes statistiques auront ainsi ä leur disposition un echantillon plus vaste et la possibilite de comparer plusieurs sites riches en pointes qui sont souvent fracturees. II sera possible de comparer statistiquement les pointes de Potočka zijalka avec la seule collection de pointes aussi abondante, pour la plupart frac-turees, celle d'Iställöskö. La terminologie utilisee pour traiter les fragments et les fractures est la suivante : - fracture et fragment apical en general au tiers de la longueur (sans l'emmanchement et sans l'endommagement du bout). - fracture et fragment terminal ä environ 50 % de la longueur (sans l'emmanchement et sans l'endommagement du bout). - fragment proximal le complement des fragments apical ou terminal. Longueur variable, sans l'emmanchement. - fracture et fragment basal - la partie qui reste dans l'emmanchement apres les fractures. Dans le cas de fractures triples il faut ajouter le fragment median. Les fragments sont alors : - le fragment apical (comme avant ä 1/3), - le fragment median, - le fragment et fracture proximal court, - le fragment et fracture basal. Le fractionnement des pointes : Nous allons dissocier les endommagements des bouts de l'apex et les fractures proprement dites. Les endommagements du bout de l'apex ont une origine multiple - flambage local, ecrasement, cisaillement, flexion - dont l'etude fera l'objet d'un expose specialement consacre aux bouts endommages. Les fractures proprement dites sont provoquees : - par flambage - la pointe rencontre un obstacle dur, cas typique des sagaies ; - par flexion - la pointe penetre dans une substance molle (tissu, sable etc.) et se casse ä la base, cas typique des lances ou l'impact est moins violent, et, en general, celui des pointes ä bouts intacts ; - par flexion et flambage - cas des impacts ex-centriques sur un obstacle dur. Les pointes hors usage peuvent etre : - entieres, endommagees seulement au bout de l'apex ; - ä fractures simples, c'est-ä-dire fractures apicales, fractures terminales ou fractures basales ; - ä fractures multiples doubles (fractures apicale et basale, production d'un fragment apical et proximal, fractures terminale et basale, production d'un fragment terminal et proximal, fractures apicale et mediane, production d'un fragment apical et median) ; - ä fractures multiples triples, c'est-ä-dire production de fragments apical, median et proximal. 2.1 Fractures multiples Exemples de fractures doubles par frappe au marteau Les fractures multiples des pointes aurignaciennes peuvent intriguer ä juste titre les paleolithiciens. Comment pouvait une pointe fracturee servir une deuxieme fois? La seule reponse possible est que les fractures multiples se sont produites simultanement. En etudiant les fractures multiples nous esperons pouvoir repondre, au moins partiellement, ä des questions ouvertes au sujet des sagaies et lances de l'Homme prehistorique. Quels sont les mecanismes des ruptures multiples permettant de creer des fragments divers? Quelle est l'explication des pointes nombreuses fortement pliees dans le plan de l'epaisseur? Quelle etait la fonction des pointes courbees dans le plan de la largeur? Comment reconstruire une pointe ä partir d'un ou de deux fragments? Les bases fendues etaient-elles veritablement des bases et etaient-elles vraiment fendues? Les bases biseautes ou "ä l'epaule" etaient-elles vraiment les bases et vraiment biseautees?2 L'etude des fragments et leur reconstruction est particulierement interessante. L'exemple de Potočka zijalka montre que l'omis-sion des fragments dans l'etude generale peut faire passer sous silence une categorie de pointes. Les pointes plates se cassent facilement, donc elles peuvent ne pas figurer parmi les objets etudies, or si on les complete, on decouvre qu'elles forment un sous-ensemble important (Horusitzky, 2004). Les Figures 1 ä 4 representent les experiences de frappe au marteau d'une baguette de sapin de section 10 ^ 5 mm, longueur 130 mm. On peut rencontrer deux scenarios typiques sur les Figures 1a ä 1c : - Scenario 1 (Fig. 1a). Le flambage encastre/pivotant s'installe et la baguette se casse ä 35,5 % par rapport au bout suppose endommage. La fraction proximale est poussee lateralement et la base est cassee par flexion et par flambage encastre/libre. - Scenario 2 (Fig. 1b). La base est fragile et le flambage encastre/pivotant fait casser d'abord la base. La rupture ä 35,5 % ne se produit pas et le flambage devient pivotant/pivotant cassant la baguette au milieu (50 %). 2 Les elements de reponse ä ces deux dernieres question sont abordes dans l'article Horusitzky (2007) et seront develo-ppes dans l'etude en cours ayant comme sujet la comparaison Potočka-Istall0sk6. Fig.1a-c: Frappe au marteau. Baguette de sapin, section 10 x 5 mm , longueur 130 mm. (a) Scenario 1 : - fracture ä 35 % par flambage encastre/pivotant, - fracture basale par flexion et compression apres la premiere fracture. (b) Scenario 2 : Le flambage encastre/pivotant fait casser d'abord la base. La suite est un flambage pivotant/pivotant avec fracture au milieu. Cas des bases fendues. (c) Le flambage encastre/pivotant fait casser d'abord le manche. La suite est un flambage pivotant/pivotant avec fracture au milieu. Cas des bases solides dans un manche fragile. Sl. 1a-c: Udarec s kladivom. Jelova palčka, presek 10 x 5 mm , dolžina 130 mm. (a) Scenarij 1: - prelom pri 35 % dolžine zaradi obremenitve (en konec pritrjen, drugi prost), - prvemu prelomu sledi bazalni prelom zaradi upogiba in kompresije. (b) Scenarij 2: Zaradi obremenitve (en konec pritrjen, drugi prost) se najprej odlomi baza. Ko sta oba konca sproščena, obremenitev pa še traja, sledi prelom na sredini. To se dogaja s konicami s precepljeno bazo. (c) Zaradi obremenitve (en konec pritrjen, drugi prost) se najprej odlomi ležišče v toporišču. Ko sta oba konca sproščena, obremenitev pa še traja, sledi prelom na sredini. To se dogaja s konicami z masivno bazo in netrpežnim ležiščem v toporišču. Fracture de rapport = 35% Origins des bases ä "epauie" et des bases amincies O Fig. 2: Frappe au marteau. Baguette de sapin, section 10 x 5 mm , longueur 130 mm. Double fracture experimentale. Encastrement dans un etau. La baguette doit toucher le fond. Explication de l'origine des bases ä "epaule" d'Iställöskö et des bases amincies de certaines pointes de Potočka zijalka. Sl. 2: Udarec s kladivom. Jelova palčka, preseka 10 x 5 mm , dolžina 130 mm. Dvojni prelom. Palčka je bila vstavljena v primež, in sicer tako, da je bila uprta v dno. Tako so nastala "ramena" na bazi konic iz jame Iställosko in stanjšane baze na nekaterih konicah iz Potočke zijalke. 2.2 Les zones de la fracture par flambage Si la base est plus solide que le manche on peut supposer que le manche se casse ä sa place comme on le constate tres souvent ä Potočka zijalka (Fig. Ic). La Figure 2 illustre une fracture double obtenue par une frappe au marteau. Nous nous interessons surtout aux flambages encastres/pivotants et pivotants/pivotants, princi-pales causes du fractionnement des pointes. Les fractures par flexion concernent surtout la base et pour la reconstructions sont moins problematiques. Nous rappelons que "encastre" signifie emmanche dans une hampe en bois et "pivotant" veut dire pivotement libre autour du point d'impact apres l'endommagement du bout. Pour proceder ä des reconstructions nous devons connaitre les zones des fractures. Zone de fracture de baguettes a section constante Cas exceptionnel et ne concerne que l'analyse de fragments proximaux oü la section est approxi-mativement constante : - Cas de flambage pivotant/pivotant lorsque la base aussi a ete fracturee (cas Euler n°1). La fracture est au milieu3. - Cas de flambage encastre/pivotant lorsque la base, solide, a resiste ä la suite de la fracture apicale (cas Euler n°3). La fleche, ou courbure, maximale est ä 39,8 %. Le rayon de courbure minimal, c'est-ä-dire la zone de contrainte maximale, n'est pas ä l'endroit de la fleche maximale mais ä 35,5 %4. 1 = 1 = axb 12 pour les sections carrees (1) 71X a X b pour les sections ellipsoides A = ax(|) 64 ou circulaires 3 Les notations suivantes : I = moment d'inertie d'une section elliptique ; A = largeur du patron ; a = largeur variable de la pointe ; b = epaisseur variable de la pointe ; B = epaisseur de reference constante (en general 5 ou 6 mm). La largeur "A" sera calculee ä l'aide d'un Ta-bleur, les donnees seront dessinees sur un bout de carton et le carton decoupe servira de patron pour les essais de simulation. Le patron soumis au flambage permettra de determiner la courbure maximale, qui permet de localiser la zone de rayon de courbure minimal, et ainsi la zone de fracture. Zone de fracture de baguettes a section variable Cas normal dans l'analyse des fractures media-nes et apicales. Une solution mathematique existe pour les formes coniques ou assimilees dont le patron de simulation est un triangle. La solution permet de localiser le rayon de courbure minimal ä 9 % environ par rapport ä l'endroit de la courbure ou fleche maximale5. Pour les formes tres irregulieres la methode praticable est la determination experimentale des courbures en appliquant le decalage de 9 %. 2.3 Determination experimentale des zones de contrainte maximale On se propose d'etudier les courbures par simulation ä l'aide de patrons - cartons decoupes - ä epaisseur mince mais constante. La largeur du patron sera "A", variable en fonction de la forme du fragment conserve. La variation de l'epaisseur de la piece reelle sera repercutee sur la largeur "A". La courbure d'une pointe par flambage depend du moment d'inertie de la section "I" : 3 Le lecteur trouvera les bases theoriques et des developpe-ments en constante evolution sur les pages ANNEXE THEORIE du site : http://site.voila.fr/horusitzkymusic1 et dans la reference Kerguignas, Caignaert 1991. 4 Voir note 3. 5 Voir note 3. La fragilite de la base Les contraintes ä l'emmanchement sont ä verifier chaque fois que la question de base fendue se pose. La contrainte au maximum de courbure est en bonne approximation egale ä la contrainte ä l'emmanche-ment lors des flambages. La contrainte au maximum de courbure est ä 77 % de la contrainte maximale dans la zone du rayon de courbure minimal : Les contraintes o: FLb, , = 1,3x^=1,3x 32 FL 32FL ""nšche 97 2 (2) 32FL = 2 XV™™) N/m Les notations suivantes : F = force ; L = demi-longueur entre la position de la courbure maximale et l'encastrement ; I = moment d'inertie d'une section elliptique ; a = largeur ; b = epaisseur ; a1, b1 = valeurs ä la courbure maximale ; a2, b2 = valeurs ä l'encastrement. Le coefficient 1,3 est une valeur moyenne ä partir de formes coniques calculees qui tient compte du decalage de la position du rayon de courbure minimal par rapport ä la position de la courbure maximale. Le coefficient 2 est la consequence de la base fendue. Regles ä retenir en cas de base manquante : 1. La pointe est fracturee seulement ä la base. Si la resistance 0,77 ^ a1 ^ b12 aux deux tiers de la longueur est superieure ä la resistance 0,5 ^ aj ^ bj2 ä I'emmanchement, mais inferieure ä aj ^ bj2; la base etait fendue. 2. Une fracture basale et mediane est presque tou-jours le signe d'une base solide (sauf pour la pointe n°407 ou Ij est inferieur ä la moitie de I2). Pour determiner si le fragment est apical ou terminal on tient compte de la convergence des bords et de la longueur presumee de la piece reconstruite dans le cas des deux hypotheses. On verifie ulterieurement si le diagnostic base fendue ou non etait correct. 3. EXEMPLES D'APPLICATION 3.1 Les fragments aurignaciens 3.1.1 Reconstruction de la pointe D. b. n°407 (128 X 17,5 X 6,15 mm ; couche : au dessus de la couche 4 ; age environ 40.000 ans) La reconstruction n'est pas une operation qui donne la longueur initiale avec une certitude absolue. Le premier pas est une estimation visuelle de la partie manquante. En completant le fragment par le dessin, en tenant compte de la convergence de la piece, le pas suivant est la verification par le calcul des flambages qu'une telle approche est possible et coherente avec un endommagement du bout par l'impact. La zone endommagee du bout reste toujours ä l'appreciation du chercheur. Il pourra s'appuyer sur les experiences et sur les bouts endommages des pointes qui sont restees par ailleurs entieres apres l'impact. Par analogie on peut prevoir une fracture de 1 ä 2 centimetres du bout d'origine et d'une section de 5 mm de diametre. Les forces provoquant le flambage exercent entre cette section et le niveau de l'emmanchement. Premier pas Verification du rapport des resistances ä l'endroit fracture et ä l'emmanchement. La resistance ä l'em-manchement dans le cas d'une base fendue est divisee par deux par rapport ä une base massive. Il faut comparer la contrainte ä l'endroit de la fracture avec celle du double ä l'emmanchement (Equations 3). Les notations suivantes : F = force ; L = demi-longueur entre la position de la courbure maximale et l'encastrement ; I = moment d'inertie d'une section elliptique ; Cte = constante ; a = largeur ; b = epaisseur ; a1, b1 = valeurs ä la courbure maximale ; a2, b2 = valeurs ä l'encastrement. La contrainte d' une barre soumise ä une flexion: (3) o = FLb 32FL MPa 21 ,rab^ Contrainte ä la rupture apicale : 32FL Cte x 1,3 jcaib' 7 X 4,5' = Cte X 9,17 MPa Contrainte ä la base fendue : 32FL Tca^b' Cte 0,5 X 18 X 5,5' = Cte X 3,67 MPa La contrainte apicale est plus forte que la contrainte ä la base fendue, donc la pointe se fracture ä l'apex et la base sera fracturee par poussee laterale apres la rupture de l'apex. Il est donc normal dans le cas de la pointe D. b. 407 que la rupture apicale se soit produite malgre la base qui est fendue. Ce calcul pour la piece 407 a evidemment peu d'interet puisque le resultat est connu. En revanche pour la piece D. b. 427 il est tres important et permet de determiner si la base etait fendue ou non. Deuxieme pas Pour la fracture de la pointe on envisage donc la contrainte encastree/pivotante. Mais quel est le point de l'encastrement? Le niveau de la levre fracturee ou le niveau du debut de la levre disparue? On constate souvent que lorsque la levre est fracturee on a la formation d'une "epaule". La meme chose serait probable pour la pointe D. b. 407 aussi. Mais alors il se pose la question de la longueur de l'emmanchement. Pour avoir une idee sur ce rapport j'ai choisi 11 pointes ou fragments ou la fracture de la base permet de presumer le rapport longueur/largeur de la partie emmanchee. La moyenne etait de 3,056. En appliquant cette moyenne nous arrivons ä 52 mm, ou ä 43 mm avec un rapport de 2,5. Il est possible donc qu'il manque quelques millimetres de la levre conservee. 6 Pointes choisies pour evaluer le rapport longueur/largeur de l'emmanchement presume : Pb 50/90, Pb 50/92 (Vertes 1955), Badlhöhle (Horusitzky 2006), D. b. 7 (Brodar 1999), P. z. 125, P. z. 94, P. z. 121, P. z. 112, P. z. 126, P. z. 118 (Brodar, Brodar 1983) et Dzeravä Pr. 10 (Prošek 1953). - (Pb = Iställöskö, D. b. = Divje babe I, P. z. = Potočka zijalka). Auparavant j'ai utilise un rapport de 2,5, donc suivant la forme de la base je preconise des valeurs entre 2,5 et 3. Raccourcissement et ajustement du patron Patron conique equivalent Fig. 3: Pointe D. b. 407. Face spongieuse. Dans le fond le patron egalise. Echelle 2/3. Sl. 3: Konica D. b. 407. Stran s spongiozo. V ozadju izravnana šablona. 2/3 naravne velikosti. Modele de reconstruction longueur de l'apex disparu determination de la On dessine la forme hypothetique de l'apex disparu en continuant la convergence en largeur et en epaisseur. On aboutit ä une longueur de 40 mm pour un endommagement du bout de section elliptique de 3,2 x 4,7 mm2. Realisation du patron egalise avec ces valeurs : Au cours de l'essai de flambage la zone de rayon de courbure minimal (- contrainte maximale) doit correspondre ä 103 mm par rapport au niveau d'encastrement. On reduit progressivement la longueur du patron en ajustant en meme temps la forme de l'apex pour aboutir au resultat escompte. Il est cependant possible de proceder sans manipulation de decoupage. Il suffit de dessiner un triangle correspondant ä une forme conique ou assimilable. On peut continuer par calcul avec Tab. 1: Construction du patron egalise pour la pointe D. b. 407. Le produit 2 x L x (E/5)3 mm, avec une epaisseur de reference de 5 mm. Ligne de reference - la fracture apicale ä 0 cm. Les valeurs du longueur et d'epaisseur sont fixes pour la partie proximale. Au-dessus de la reference 0 cm elles sont provisoires et variables en fonction des approximations successives de la longueur du fragment ä reconstruire. Tab. 1: Izdelava izravnane šablone za konico D. b. 407. Zmnožek 2 X L X (E/5)3 mm pri referenčni debelini 5 mm. Referenčna linija - apikalni prelom pri 0 cm. Vrednosti dolžine in širine so stalne za proksimalni del. Nad referenčno vrednostjo 0 cm sta obe vrednosti začasni in spremenljivi v povezavi z zaporednimi približki dolžine fragmenta, ki ga rekonstruiramo. e a HJ e Si X HJ X 2 r u e Ö o hJ 5 4 5,1 25 5,9 4 6,0 20 6,05 4,1 6,7 15 6,2 4,2 7,3 10 6,7 4,2 7,9 5 7,2 4,4 9,8 fracture 0 7,7 4,6 12,0 -10 9,1 5,2 20,5 -20 10,9 5,75 33,2 -30 12,2 6 42,2 -40 14,2 6 49,1 -50 14,7 6 50,8 -60 15,7 6 54,3 -70 16,3 6 56,3 -80 16,8 6,15 62,5 -90 18,3 6 63,2 -100 Fracture a -103 mm des approximations successives ou en utilisant les tables predeterminees (voir note 3) (Tab. 1 et Fig. 3). Commentaire des figures : Sur la Figure 3 on voit le raccourcissement et l'ajustement du patron au fur et ä mesure que l'en-droit de la rupture reelle coincide avec l'endroit du rayon minimale du patron soumis au flambage. La courbure maximale d'un patron triangulaire de rapport 5/60 et de longueur de 120 ou 130 mm, se situe par le calcul ä 29,6 %, valeur tres proche de ce que l'on a trouve pour la pointe D. b. 407 reconstruite. Raccourcis-sement du patron 11,5 mm Fleche maximale env. 10 mm. Fig. 4: Pointe D. b. 407. Essai de flambage avec le patron egalise et decoupe. Determination de la fleche (= courbure) maximale. Ä droite : superposition d'une courbe calculee de patron triangulaire de 5 mm x 60 mm x 130 mm. Sl. 4: Konica D. b. 407. Poskus obremenitve z izrezano izravnano šablono. Določitev največjega upogiba (= krivljenja). Na desni: prekritje s krivuljo, izračunano na podlagi trikotne šablone velikosti 5 x 60 x 130 mm. Sur la Figure 4 on voit le resultat des raccour-cissements successifs du patron. L'endroit du rayon de courbure minimal, difficile ä identifier, correspond bien au point decale de 9 % (11,5 mm) par rapport ä la courbure maximale plus facile ä localiser. Ä droite se trouve la superposition du flambage experimental et le resultat du calcul de flambage d'un triangle de rapport 5/60 de longueur 130 mm. Pour mieux illustrer la courbure, la fleche depasse la limite de rupture pour le bois de cerf : 10 mm ä la place de 7 mm. Les Figures 5a-b garde le souvenir d'une fleche de 7 mm au moment de la fracture, ce qui prouve que la limite elastique a ete depassee. J'evoque la possibilite d'un emmanchement desaxe par entaille laterale qui serait compatible avec la fonction de sagaie. Fig. 5a,b: Pointe D. b. 407. (a) Reconstruction avec emmanche-ment. Face exterieure avec la levre interieure conservee. Allon-gement eventuel des levres. La fente se prolonge au moment de la flexion. (b) Fixation par coin. Formation d'une "epaule" par la cassure. Echelle 2/3. Sl. 5a,b: Konica D. b. 407. (a) Rekonstrukcija v nasajenem stanju. Zunanje lice z ohranjeno notranjo ustnico in eventualno podaljšanimi ustnicami. Precep se v trenutku, ko se konica upogne, samodejno podaljša. (b) Pritrditev konice s pomočjo zagozde. Pri prelomu nastane "zob". 2/3 naravne velikosti. L'emmanchement reste problematique. Je propose une solution avec coin de fixation suivant l'idee de H. Knecht (2000) (Fig. 5b). Scenario des fractures : 1. Impact - endommagement du bout de 15 mm. 2. Flambage encastre/pivotant - malgre la fra-gilite de la base la fracture se produit ä l'endroit du rayon de courbure minimal. 3. Apres la fracture apicale l'apex reste partiel-lement attache ä la partie proximale et exerce une poussee laterale qui fait casser la base. Nous ne sommes pas loin de la reconstruction statistique d'lvan Turk (2002) - (Fig. 6). Fig. 6: La "reconstruction statistique" de la pointe D. b. 407 en comparaison avec la pointe de reference de Potočka zijalka n°75 (Turk 2002, sl. 4). Echelle 2/3. Sl. 6: "Rekonstrukcija" konice D. b. 407 primerjalno z referenčno konico štev. 75 iz Potočke zijalke (Turk 2002, sl. 4). 2/3 naravne velikosti. Une longueur globale de 200 mm est plus adap-tee comme sagaie et conforme aux longueurs des pointes ä base fendue trouvees ä Iställöskö et ä Dzeravä skala. Une version "courte" ä bout endommage serait plus proche de la reconstruction statistique (voir note 3). Pieces pliees, pieces courbees Le pliage des pointes est une consequence normale d'un impact avec flambage. La pointe flambee garde la courbure apres la disparition de la force. En revanche les pieces courbees ne s'expliquent pas par le flambage. Ä savoir : le flambage se fait toujours dans le sens du moment d'inertie le plus faible. Etant donne que celui-ci depend du cube de l'epaisseur il est exclu que la piece se flambe lateralement et l'epaisseur et la largeur de la pointe soient inversees. La forme courbee se ramene aisement ä la forme des differentes parties du bois de cerf. Il faut alors penser que l'artisan a pris les morceaux courbes parce que cette courbure etait compatible avec le but recherche. Puisque la sagaie projetee est incompatible avec une excentricite laterale nous devons penser ä limiter l'emploi des pointes courbees aux lances. Eventuellement, par un emmanchement desaxe, qui donne une solidite superieure ä la hampe, la pointe peut rester dans l'axe de l'energie agissante et remplir la fonction de sagaie. Courbure, chasse, lance ou sagaie L'hypothese de pointe de sagaie du n°407 est ä eliminer ä cause de la courbure. L'energie cineti-que d'une sagaie fait casser irrevocablement toute pointe courbe lors d'un impact dans un objet dur : arbre, os ou pierre. Nous revenons ä l'hypothese de lance. Une lance tenue par la main permet d'etre orientee par la volonte du chasseur. Celui-ci peut profiter de la pointe courbee pour blesser un animal plus grand que lui avec la pointe courbee qui peut percer la peau sous angle perpendiculaire ä la surface de la peau. L'hypothese de lance permet d'expliquer la presence d'un grand nombre de pointes courbees aux sites aurignaciens. Nous pouvons poser la question si le chasseur avec sa lance peut-il exercer la force critique pour provoquer le flambage lorsque la pointe rencontre un os dur? Force critique: „ ^ Tt'EI ^ 3.14'x 7 X lo'x 0,018 x0.006' ^ 64 X 0,5 X 0,15 (4) 1200 N Les notations suivantes : F = force ; E = module d'elasticite (de Young) ; I = moment d'inertie d'une barre de longueur "L" et de section uniforme (a x b de la Formule 1). Dans le cas d'une pointe ä section variable on peut estimer, grossierement, que la force critique Fcr de 1200 N est divisee par 3 ou 4 : environ 30-40 kg, ce qui est compatible avec la poussee d'un chasseur. 3.1.2 Reconstruction du fragment D. b. n°427 (73 x 12 x 6 mm ; couche : "below the flowstone of the eastern cave wall" ; age : aurignacien) Le fragment apical n°427 n'offre pas des signes evidents de la matiere d'origine. On peut penser au bois de cerf par analogie avec la plupart des pointes aurignaciennes mais aussi ä l'os parce que les fractures sont plutot nettes et traduisent une matiere cassante. Avant d'aborder tout travail de reconstruction il faut examiner la piece et decider s'il s'agit d'un fragment apical ou terminal. Deux criteres entrent en consideration : la convergence des bords en direction proximale et la longueur previsible de la future pointe. L'hypothese apicale donne une longueur previsible de 210 mm sans la base et sans le bout endommage, tandis que l'hypothese terminale permet de prevoir une longueur de 171 mm. Compte tenu du caractere effile de la piece Tab. 2: Construction du patron egalise pour la pointe D. b. 427. Le produit L x (E/5)3 mm, avec une epaisseur de reference de 5 mm. Ligne de reference - la fracture terminale = 0 mm. Les valeurs du longueur et d'epaisseur sont fixes pour la partie terminale. Au-dessous de la reference 0 mm elles sont provi-soires et variables en fonction des approximations successives de la reconstruction. Tab. 2: Izdelava izravnane šablone za konico D. b. 427. Zmnožek L x (E/5)3 mm pri referenčni debelini 5 mm. Referenčna linija - terminalni prelom pri 0 cm. Vrednosti dolžine in širine so stalne za terminalni del. Pod referenčno vrednostjo 0 cm sta obe vrednosti začasni in spremenljivi v povezavi z zaporednimi približki dolžine rekonstruiranega fragmenta. 5 BJ r u e H.J CÖ J =3 e w X HJ 4,0 2,3 70 4,3 3,7 60 4,9 6,1 50 5,0 7,5 40 5,3 10,0 30 5,8 15,2 20 6,0 19,2 10 6,0 20,4 fracture 0 6,0 21,4 -10 6,0 21,9 -20 6,0 22,5 -30 6,0 22,5 -40 6,0 22,5 -50 6,0 22,5 -60 6,0 22,5 -70 6,0 22,5 -80 6,0 22,5 -90 6,0 22,5 -100 Fracture n°427 et des bords tres faiblement divergents, nous devons conclure pour la version moins longue c'est-ä-dire considerer la piece comme fragment terminal resultant d'une fracture double (proxi-male/terminale et basale). La piece D. b. 427 serait donc un fragment terminal avec la trace de l'impact qui a endommage le bout sur 15 mm, une valeur arbitraire que j'ajoute systematiquement ä chaque pointe fragmentee. Le pas suivant est la determination du fragment proximal disparu. La construction du patron (Tab. 2) sera basee sur les largeurs apicales d'apres la photographie, sur les epaisseurs relevees par Ivan Turk sur la piece meme, et sur les hypotheses de largeur en fonction de la divergences de l'apex et sur l'hy-pothese que l'epaisseur proximale est uniforme comme la continuation de l'epaisseur uniforme de la partie apicale. La Figure 7a-d permet de suivre la procedure de reconstruction : Fig. 7a est le point de depart avec la photogra-phie de la face avant du fragment. Fig. 7b est la representation du patron realise ä partir du Tableau 2. Fig. 7c montre la courbure et l'endroit de la fleche maximale correspondant ä la fracture. La longueur est retouchee pour que la fracture reelle soit au meme endroit que la courbure maximale. Dans le cas de flambage pivotant/pivotant nous admettons que le rayon de courbure minimal coincide avec la courbure maximale. Fig. 7d donne le resultat final. Apres deux decoupes en deux pas du patron de la Figure 7 nous pouvons fixer la longueur du fragment proximal la plus probable ä 101 mm. Apres la determination de la longueur proximale nous allons verifier que l'option base fendue a ete conforme ä la realite (Fig. 8). La Figure 8 repre-sente des details secondaires. Mais puisque la question de base fendue ou non fendue revet une question fondamentale de l'Aurignacien, il m'a semble justifie de presenter toute la procedure. La procedure est, peut-etre, trop detaillee, mais je poursuis un double but : l'explication de la methode des reconstructions et, comme exemple, la reconstruction effective des fragments de Divje babe I. Comme on l'a vu pour le D. b. 407, pour la piece D. b. 427 la contrainte ä la base et la contrainte maximale sont les suivantes lors du flambage encastre/pivotant hypothetique : L = 73 mm 70 mm entre 100 et 110 mm 13 mm Fig. 7a-d: Pointe D. b. 427. La procedure complete de reconstruction. (a) Face arriere de la pointe D. b. 427. (b) Patron realise ä partir du Tab. 2. (c) Le flambage du patron decoupe. La courbure maximale est proche du point de fracture terminale. (d) La reconstruction de la partie proximale. Le resultat final apres plusieurs retouches du patron. Echelle 2/3. Sl. 7a-d: Konica D. b. 427. Celoten postopek rekonstrukcije. (a) Zadnja stran konice D. b. 427. (b) Šablona narejena s pomočjo podatkov v tab. 2. (c) Obremenitev izrezane šablone in posledica obremenitve. Največji upogib je približno v predelu terminalnega preloma. (d) Rekonstrukcija proksimalnega dela. Končni rezultat na podlagi več popravkov šablone. 2/3 naravne velikosti. Contrainte ä la rupture apicale : 32FL 1,3 X Cte (5) 7ca,b' 10,3 X 5,83^ = Cte X 3,69 MPa Contrainte ä la base fendue : 32FL Cte 7ta,b, 0,5 X 13 X = Cte X 4,27 MPa Les notations suivantes : F = force ; L = demi-longueur entre la position de la courbure maximale et l'encastrement ; a1, b1 = valeurs ä la courbure maximale ; a2, b2 = valeurs ä l'encastrement ; Cte = constante. Contrairement aux resultats de la piece D. b. 407, la contrainte ä la base est plus elevee qu'ä l'endroit du rayon de courbure minimal au flambage initial, suppose encastre/pivotant, donc la piece s'est cassee ä la base au lieu de se casser dans la zone de la courbure maximale. On voit la superposition de la courbe de flambage calculee du patron triangulaire de 2,5 mm x 25 mm x 170 mm. Le coefficient 1,3 a ete determine avec ce modele mais il s'est avere juste pour un certain nombre de formes coniques de tailles differentes. Rayon de courbure minimal par caicui Courbure maximale Courbe du patron triangulaire 5/50/170 calculee et superposše ,5 mm Fig. 8: Pointe D. b. 427. Justification de I'option "base fendue". Sl. 8: Dokaz za "precepljeno bazo" pri konici D. b. 427. La reconstruction aboutit ä une pointe de gracilite et longueur remarquable mais non ex-ceptionnelle. Nous allons trouver sur la Figure 9 un fragment comparable ä Iställöskö et un montage du D. b. 427 sur la piece Pb 50/59 d'Iställöskö. 3.2. Les fragments mousteriens 3.2.1 Reconstruction du fragment D. b. n°3/10 (75 X 25 X 7 mm ; couche : 10 ; age : environ 70.000 ans) Au moment du choc, le flambage encastre/en-castre a provoque la fracture du bout de la pointe qui etait necessairement plus fragile que la base ä cause des sections tres differentes. La base est consideree comme massive. Le pliage du fragment Fig. 9: Analogie et complement de la pointe D. b. 427 ä Iställöskö. Echelle 2/3. Ä gauche en haut : le fragment apical Pb 51/29, en bas le fragment proximal Pb 50/59 agrandi de 15 %. Ä droite : le fragment D. b. 427 associe au fragment Pb 50/59. Dessine par D. Knific Lunder et T. Korošec au Musee National de Budapest, avec la permission de V. T. Dobosi. Sl. 9: Analogija za konico D. b. 427 v najdišču Iställöskö in njena dopolnitev. 2/3 naravne velikosti. Levo zgoraj: apikalni fragment Pb 51/29, spodaj proksimalni fragment Pb 50/59 povečan za 15 %. Desno: fragment D. b. 427 dodan fragmentu Pb 50/59. Narisali D. Knific Lunder in T. Korošec v Budimpešti (Magyar nemzeti muzeum, dovoljenje V. T. Dobosi). avec une courbure maximale vers le milieu peut etre la consequence de l'amorce du flambage encastre/encastre7. 7 La piece a ete presentee ä Mme de Sonneville-Bordes par M. Brodar. Elle l'a trouvee parfaitement assimilable ä un fragment de pointe aurignacienne (information d'Ivan Turk). Deux schemas de reconstruction sont possibles : comme fragment proximal ou comme fragment median. Le premier est determine en partant de l'hy-pothese d'un fragment proximal fracture ä l'em-manchement et ä la courbure maximale d'un flambage encastre/pivotant. Il est indispensable de creer un patron et faire des experiences. Le resultat est sur la Figure 10. La reconstruction comprend un bout d'apex arbitraire de 1 ä 2 cm. La longueur de la base sera egale ä 2,5 fois la largeur ä l'emmanchement. Cette premiere reconstruction correspond au schema d'Ivan Turk (2002) d'apres des etudes mor-phometriques statistiques (Figure 11). La forme de reference est la pointe fusiforme. L'emmanchement est prolonge jusqu'au debut de la zone terminale caracterisee par le debut de la convergence apicale. La fracture d'apres ce modele s'est produite donc ä l'emmanchement meme. Le rapport des deux fragments, fragment conserve et fragment terminal, sera finalement de 45,5/54,5 et les longueurs seront 70 et 58 mm. Longueur reconstruite : 45+70+58+18 mm =191 mm. Le scenario 1 donne une pointe plus courte : 45+70+35+15 mm = 165 mm. Compte tenu de la forme particuliere du patron il est tres difficile de choisir entre les deux options. La solution suivant le scenario 1 pourra etre consultee avec celle du fragment median sur la page Internet. Le Tableau 3 definit le patron, la forme egalisee en epaisseur qui devient une courbe en fonction du cube de l'epaisseur. On trouve que le produit ab2 au niveau de la fleche maximale pendant le flambage encastre/pivotant est superieure ä celle de la base donc la contrainte ä la base sera plus importante et notre scenario 2 preconise se justifie, la base se fracture avant la fracture apicale putative et le flambage devient pivotant/pivotant. Notations : voir Equations 2. Reconstruction de D. b. 3/10 comme fragment proximal Pour la reconstruction de la pointe D. b. 3/10 comme fragment proximal deux scenarios sont envisageables. - Scenario 1 avec fracture proximale/apicale : flambage encastre/pivotant - fracture apicale -fracture ä la base. - Scenario 2 avec fracture proximale/terminale : flambage encastre/pivotant - fracture de la base -flambage pivotant/pivotant et fracture terminale. La forme particuliere du fragment due ä la diminution proximale de l'epaisseur nous fait choisir le scenario 2. Nous devons proceder par des experiences en decoupant des patrons de longueurs et formes dif-ferentes, jusqu'ä aboutir ä un rapport convenable entre l'apex reconstruit et le fragment conserve. La courbure maximale du patron doit correspondre ä l'endroit de la rupture proximale/terminale. Le patron de l'experience a toujours une epaisseur constante (epaisseur du carton) et les variations de l'epaisseur du fragment seront repercutees par l'elargissement du patron s'ajoutant ä la surface du fragment. On admet que la surface converge regulierement vers un bout endommage de 6 mm de diametre (environ) et la forme du patron permet de conce-voir une diminution de l'epaisseur vers le bout de la pointe reconstruite. L'epaisseur de la piece reelle ou extrapolee variera suivant les chiffres associes sur la Figure 10. La Figure 10 represente les phases de reconstruction du D. b. 3/10 comme fragment proximal. Apres avoir rempli le Tableau 3 et calcule les largeurs egalisees on peut tracer point par point le patron ä decouper. La longueur de l'apex d'abord estimee peut alors etre definie avec precision lors de l'essai de flambage du patron. On peut constater une bonne concordance avec la reconstruction statistique (Fig. 11) (Turk 2002). Sur la Figure 12 nous pouvons voir une reconstruction du fragment de Vogelherd de la couche VI mousterienne. Le fragment presente tous les signes d'un reaffutage apres une premiere fracture. Il s'agit d'une des analogies rares et hypothetique de D. b. 3/10 dont la ressemblance est forte avec les pointes reparees de Potočka zijalka, sauf l'epaisseur qui est plus reduite. Nous etudions donc le scenario d'une premiere fracture et d'une deuxieme apres reparation de reaffutage. Premiere fracture de la pointe de Vogelherd 1. Endommagement du bout ä l'impact (pierre ou os dur). 2. Flambage encastre/pivotant, rapport de l'apex entre 30 et 33 %. Le rapport exclut une base fendue. 3. Reaffutage sans sortir de l'emmanchement. Deuxieme fracture de la pointe de Vogelherd 4. Deuxieme flambage apres reaffutage : le produit largeur ^ epaisseur au carre ä l'endroit du deuxieme flambage encastre/pivotant est plus Tab. 3: Construction du patron egalise pour le fragment D. b. 3/10. Le produit 0,005 x L x E3 mm, avec une epaisseur de reference de 5 mm. Ligne de reference : la fracture terminale est ä 7 cm. Les valeurs du longueur et d'epaisseur sont fixes pour la partie proximale. Au-dessus de la reference de 7 cm elles sont provisoires et variables en fonction des approximations successives de la reconstruction. Tab. 3: Izdelava izravnane šablone za konico D. b. 3/10. Zmnožek 0,005 x L x E3 mm pri referenčni debelini 5 mm. Referenčna linija: terminalni prelom pri 7 cm. Vrednosti dolžine in širine so stalne za proksimalni del. Nad referenčno vrednostjo 7 cm sta obe vrednosti začasni in spremenljivi v povezavi z zaporednimi približki dolžine rekonstruiranega fragmenta. S 13 s? a ^ w C3 X HJ X 5 0 ,0 0, M hJ 5,6 5,2 3,9 130 6,9 5,2 4,9 120 8,3 5,6 7,1 110 9,6 6,6 13,8 100 10,9 7,3 21,3 90 12,3 7,5 25,9 80 13,0 7,5 27,4 fracture 70 14,9 7,3 29,0 60 17,0 7,0 29,2 50 19,0 6,8 29,9 40 21,8 6,4 28,6 30 23,3 5,6 20,5 20 24,7 5,0 15,4 10 26,0 4,7 13,5 fracture 0 eleve que le meme produit ä l'emmanchement, d'ou fracture ä l'emmanchement meme avec une base solide. Conclusion : vu l'epaisseur, la piece est ancienne et compatible avec un fragment mousterien. Compte tenu de l'anciennete presumee et de l'analyse des contraintes, le fragment ne provient pas d'une base fendue. Reconstruction de D. median 3/10 comme fragment Au debut de mon etude j'ai considere la piece comme un fragment median8. Il s'est avere que la reconstruction comme fragment median aboutit 8 La solution comme fragment median et proximal court est disponible sur le site Internet (voir note 3). Fig. 10: Reconstruction de la piece D. b. 3/10 comme fragment proximal. Reconstruction avec l'hypothese de cassure ä l'emmanchement lors du flambage encastre/pivotant qui est suivi de flambage pivotant/pivotant. Ä droite : patron de decoupage, construit d'apres le Tab. 3, ayant subi plusieurs corrections terminales. Les chiffres indiquent les epaisseurs reelles (partie fragment) et hypothetiques (apex). Longueur reconstruite 191 mm. Echelle 2/3. Sl. 10: Rekonstrukcija konice D. b. 3/10 v primeru, da gre za proksimalni fragment. Rekonstrukcija ob predpostavki, da se je konica pri obremenitvi (en konec pritrjen, drug prost) zlomila pri toporišču, nakar sta se oba konca sprostila, obremenitev pa je še traja (in povzročila sredinski prelom, op. prevajalca). Desno: izrezana šablona, narejena na podlagi podatkov v tab. 3, ki je bila terminalno večkrat popravljena. Številke predstavljajo dejanske debeline na ohranjenem fragmentu in domnevne na apeksu. Dolžina rekonstruirane konice znaša 191 mm. 2/3 naravne velikosti. ä une longueur considerable qui fera peut-etre choisir de preference la reconstruction comme fragment proximal. Fig. 11: Reconstruction de la pointe D. b. 3/10 par Ivan Turk (2002) (partie distale) sur la base de la pointe de reference n°75 de Potočka zijalka. Echelle 1/2. Bonne concordance avec notre reconstruction. Inutile de dire que les deux operations ont ete menees en totale independance. Sl. 11: Rekonstrukcija distalnega dela konice D. b. 3/10 po I. Turku (2002) na podlagi referenčne konice P. z. 75 iz Potočke zijalke. 1/2 naravne velikosti. Ujemanje z našo rekonstrukcijo je popolno. Treba je poudariti, da sta bila oba postopka izvedena povsem neodvisno. Fig. 12: Reconstruction de la pointe Vogelherd VI (Albrecht et al. 1972, Pl. 4: 52) avec supposition de reaffutage. Echelle 1/2. Sl. 12: Rekonstrukcija domnevno ponovno ošiljene konice, najdene v musterjenski plasti VI najdišča Vogelherd (Albrecht et al. 1972, T. 4: 52). 1/2 naravne velikosti. 2,5 X 26 + 15 mm = 278 mm, 77 mm de plus que la reconstruction comme fragment proximal. La condition de fragment median suppose que le fragment devient de plus en plus epais vers la base. Plusieurs scenarios sont possibles. On choisira la solution la moins speculative qui conduit ä une longueur totale ne depassant pas 300 mm. Scenario possible pour la creation de fragment median : flambage encastre/pivotant - fracture apicale - fracture de la base par poussee laterale - flambage pivotant/pivotant - fracture mediane/ proximale. La reconstruction suivant ce scenario aboutit ä une longueur en dessous de 300 mm. La longueur mediane est connue (= longueur conservee). Determinons la longueur proximale pour le scenario choisi. Il est facile ä prevoir un rapport 50/50 ce que l'essai du patron decoupe confirme parfaitement. L'essai de flambage du patron decoupe donne la longueur de l'apex perdu : 58 mm (rapport 29,5 %). La longueur de la piece reconstruite comme fragment median est donc 70 + 70 + 58 + 3.2.2 Les autres fragments mousteriens de Divje babe I. Deux fragments medians et un fragment basal (Fig. 13 et 14) Les conditions de fractures par flambages multiples et les reconstructions Les bouts s'endommagent par ecrasement, par cisaillement ou par encastrement. S'il s'agit de ce dernier, le bout de la pointe se casse inevita-blement, etant donne les grandes differences de section, et surtout d'epaisseur, entre le bout et la zone au milieu ou ä la base. Apres cette rupture le bout devient pivotant et le deuxieme flambage se produit avec la fracture du cöte median/apical. L'energie de la sagaie etant toujours largement disponible, il s'ensuit le troi-sieme flambage aui cree le fragment median. Nous avons demontre dans une etude plus generale que la contrainte dans la zone de courbure maximale est toujours superieure ä celle de la zone d'em-manchement ä sections egales. Donc la rupture se produit toujours vers le milieu sauf dans le cas des bases fendues. De sorte que la presence de fragments medians est une indication tres forte pour considerer la base comme non fendue. Le calcul des forces necessaires aux ruptures s'avere superflu, etant donne que l'energie cine-tique est largement excedentaire et apres les per-tes de vitesse ä la suite des freinages pendant la penetration et ä la suite des fractures, la majeure partie de la force reste disponible et fera flamber et vibrer le manche. Le fragment D. b. n°406/20 (18 x 12 x 4 mm ; couche 20 ; age : environ 110.000 ans) Le fragment presente toutes les caracteristiques de bois de cervides comme matiere premiere. Nous avons deux reconstructions ä proposer. 1. L'une, purement visuelle, est la superposition sur le fragment D. b. n°3/10 : Le resultat est peu compatible avec les calculs de flambage mais il faut toujours admettre la possibilite de fracture dans le gisement, gels, pietinement etc. Les deux fragments semblent bien s'adapter l'un ä l'autre malgre les differences de l'epaisseur. 2. L'autre reconstruction, (Figure 13), est rea-lisee ä partir du calcul des deux fractures par le rapport des cassures. Phase zero : endommagement du bout hypothetique de 15 mm que l'on ajoute ä la longueur totale. D'abord on calcule la fracture par le deuxieme flambage encastre/pivotant avec des sections mediane et proximale sensiblement similaires, d'ou le rapport 35/65 generalement adopte. Il en resulte la longueur de la partie proximale manquante : 29 mm. Ensuite on revient au premier flambage : on emploie le rapport 1/2, flambage encastre pivo-tant avec un fragment d'apex disparu ä epaisseur inconnue. Ainsi la longueur du fragment apical serait de 22,5 mm. Longueur totale avec un emmanchement hypothetique de 40 mm correspondant au fragment reel de D. b. n°7 : Base 38 mm (35 + 3 mm endommage), longueur totale avec 15 mm de l'endommagement presume du bout : 38 + 29 + 16 + 22,5 + 15 mm = 120,5 mm. Fig. 13: Reconstruction du fragment D. b. 406 avec le fragment de base D. b. 7. Echelle 1 sauf photo : vue avant et arriere du fragment qui est ä echelle 2. Longueur reconstruite 120,5 mm. Sl. 13: Rekonstrukcija fragmenta konice D. b. 406 s pomočjo bazalnega fragmenta D. b. 7. Naravna velikost razen sprednje in zadnje strani fotografiranega fragmenta, ki je dvakrat večji. Dolžina rekonstruirane konice znaša 120,5 mm. Le fragment basal D. b. n°7/? (35 x 13 x 4,5 mm ; couche incertaine, d'apres M. Brodar (1999) il s'agit de la couche 12 ; age : environ 80.000 ans. D'apres I. Turk, voir proto-cole des fouilles, il s'agit de la couche 8 - partie inferieure; age : 60.000-70.000 ans). Le fragment n°7/? est tres probablement un fragment de base, conformement ä l'orientation par M. Brodar (1999). L'orientation comme fragment apical (Turk et al. 2001) a ete rectifiee par I. Turk. L'interpretation des fragments de base comme fragment apical n'est pas exceptionnelle. Nous avons rencontre cette hesitation dans l'ouvrage de Vertes (1955, Table XLI./3, rectifie dans le texte) et dans la publication de Lieglloch (Mottl 1950) ou la pointe est illustree comme fragment apical. L'association de la piece n°7/? avec les deux fragments n°406 et s.n. 6 ali 7 est tres probante malgre les differences d'age. En plus il existe une similitude frappante avec le fragment de pointe de Lieglloch retournee comme base bien que cette derniere soit beaucoup plus epaisse. Le fragment D. b. s.n. 6 ali 7 (30 x 13 x 4 mm ; couche : 6 ou 7 ; age viron 55.000 ans) en- Fragment median. Nous proposons une reconstruction calculee sur la base d'un fragment median ayant la piece D. b. n°7/? comme base. Le pointe est supposee ä base solide, la fracture mediane est le produit d'un flambage encastre/ pivotant qui fait casser l'apex, suivi d'un deuxieme flambage encastre/pivotant qui produit la fracture mediane. Puisque les epaisseurs sont constantes ou peu variables nous adoptons le rapport 35/65 pour le deuxieme flambage. Le rapport du premier flambage d'un apex ä epaisseur inconnue est suppose egal ä 1/2. La longueur totale reconstruite suivant le pro-cede avec le fragment n°7/? comme base, est de 149 mm, la longueur terminale etant de 109 mm (longueur totale = 38 + 50 + 27 + 37,5 + 15 mm = 167,5 mm). On voit la reconstruction proposee sur la Figure 14. Ä cote on peut voir la reconstruction de la pointe de Lieglloch realisee suivant le meme principe. La partie basale ressemble au fragment basal du D. b. n°7/? Cette ressemblance offre une interpretation plausible de la curieuse piece de Lieglloch contestee, parce qu'elle etait plutot arrondie, par Brodar (1968) qui a evoque la possibilite, d'apres lui peu vraisemblable, d'un fragment basal. 3.3 Conclusion des reconstructions mousteriennes On ne connait que des vestiges sporadiques de l'utilisation de l'os dans la culture mousterienne. En comparant les fragments etudies aux debris d'os mousteriens de Subalyuk (11 pieces) (Kadic 1939) notre conviction de leur origine artificielle est renforcee et nos doutes quant aux pieces de Subalyuk egalement. 37,5 mm 27 mm 50 mm 31 mm 21,5 mm 40 mm Fig. 14: Reconstruction du D. b. s.n. 6 ali 7 avec la base D. b. 7. Longueur reconstruite : 167,5 mm. Ä droite : Reconstruction et similitude de la pointe de Lieglloch (Mottl 1950, Pl. 1: 8). Sl. 14: Rekonstrukcija fragmenta konice D. b. s.n. 6 ali 7 s pomočjo bazalnega fragmenta D. b. 7. Dolžina rekonstruirane konice znaša 167,5 mm. Desno: Rekonstrukcija konice iz jame Liegloch (Mottl 1950, T. 1: 8) in njena podobnost z rekonstruirano konico iz Divjih bab I. L'autre source celebre d'artefacts osseux du Mousterien est Salzgitter-Lebenstedt (Gaudzinski 1999) On y trouve des fragments artificiels en cote de mammouth, ainsi la similitude avec les fragments de Divje babe I est peu evidente. Une pointe en os de forme triangulaire courte est tres differente de nos pieces. Marylene Patou-Mathis cite quelques exemples isoles (Patou-Mathis 2006, p. 273) qui par leur rarete contredisent l'emploi generalise des pointes en os au Mousterien. Les fragments de Divje babe I temoignent d'un debut de l'industrie osseuse telle qu'on la connai-tra plus tard. La forme du D. b. n°3 rappelle certaines pointes de Potočka zijalka. On pourrait penser que, emmanchee au bout de sagaie ou de lance, elle a remplace des eclats de pierre minces et a pu servir comme arme de chasse de proximite, notamment contre les ours des cavernes. La chasse aux ours au Mousterien, sujet controverse, a trouve une reponse positive par la decouverte du site plein air ä Erd (Gäbori-Csänk 1968) ou les restes d'ours ne peuvent pas etre attribues aux deces naturels. Les autres fragments mousteriens offrent des indices interessants. Les dates sont embarrassantes, mais rien n'exclut qu'un artisans de Neandertal ait con9u des objets comparables ä ceux d'epoques ulterieures. On peut constater avec etonnement l'origine manifestement artificielle des quatre fragments selectionnes. Une serie de fragments de base, inadaptes ä la reconstruction, fait encore partie de la collection des fragments mousteriens. Pourquoi l'homme de Neandertal n'a-t-il pas profite de l'abondance de la matiere osseuse pour fabriquer des armes? Probablement il etait content des javelots en bois et des lances ä pointe de silex. Les javelots en bois ont une tradition tres an-cienne de 400.000 ans (Thieme 1999). Les javelots sont utiles pour la chasse des animaux gregaires se depla9ant en groupes. Les ours sont des solitaires et leur cousins des cavernes ont ete probablement aussi solitaires. La chasse etait organisee probablement par un petit groupe de chasseurs. Ces chasseurs ont pu utiliser les lances ä pointes mousteriennes. L'opinion de Martina Pacher (2000, p. 99) est plutot dubita-tive : la chasse aux ours est moins frequente qu'on l'a pense generalement, mais les javelots en bois sont plausibles. Les deux types de chasse sont documentes ä Erd : La quantite de restes d'ours prouve la chasse aux ours. Les silex ä encoche suggerent leur utilisation pour fabriquer les javelots. En revanche les pierres ou les os pouvant servir de pointes de lance ou de sagaie sont absents. On est surpris par les grandes differences d'äge des fragments (110.000, 70.000 et 55.000 ans). Cela renforce notre image developpee sur les neandertaliens. Peu de tendance ä l'evolution mais presence de facultes similaires ä travers des periodes invraisemblablement etendues. 4. CONCLUSION Une etape suivante de l'etude des pointes en os au Mousterien et ä l'Aurignacien, ne pourra etre franchie sans l'etude des emmanchements possibles et cela depend de deux conditions : - l'archeozoologie devra bien approfondir les zones sensibles des animaux qui ont ete les proies preferees et ces memes proies dependront egale-ment des axes de recherche des memes archeo-zoologistes, - la paleobotanique devra nous renseigner sur la presence ou absence des plantes pouvant four-nir des manches solides, faciles ä fa9onner et ä entailler. Dejä nos calculs de resistance de materiaux elargissent le domaine classique de l'archeologie. Les sciences naturelles prendront une part de plus en plus importante dans la recherche de la prehistoire. Les calculs sont importants mais, bien entendu, les fractures ont pu etre provoquees par des pressions dans les gisements, gels, chutes de pierre, par le pietinement des ours ou par des coups de pioche pendant les fouilles. J'ai tente d'expliquer les fractures des pointes comme la consequence de leur utilisation normale. Les autres facteurs naturels sont en dehors de mes possibilites d'ob-servation et de discussion. Remerciements Je remercie vivement Ivan Turk pour son encouragement et pour des renseignements complementaires concernant les objets examines qui ont fait defaut dans les publications. J'exprime ma gratitude egalement pour sa participation aux travaux d'edition de mon texte, pour ses critiques ainsi que pour les traductions et la mise en place et arrangement des figures. AGUIRRE, E. 2005-2006, La industria osea primitiva de Torralbe / The primitive bone industry in Torralba. - Munibe (Antropologia-Arkeologia) 57, Homenaje a Jesus Altuna 2 (Arqueologia), 19-52. 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V prispevku si je avtor zadal dva cilja: želel je predstaviti metodo za rekonstruiranje fragmentiranih konic iz organskih materialov, ki temelji na teoriji o obremenitvi materiala in posledicah obremenitve ter na poznavanju trdnosti materialov; hotel je nazorno pokazati metodo, tako da je rekonstruiral fragmentirane konice iz Divjih bab I. Izbrani fragmenti so omogočili nazoren prikaz večine problemov, povezanih s prelomi in rekonstrukcijami konic. Posebna skrb je bila posvečena razlagi večkratnih prelomov in kriterijem za določanje precepljene baze. Dvema fragmentiranima orinjasjenskima konicama s pre-cepljeno bazo so najbolj podobne konice iz najdišč Iställöskö in Dzeravä skala. Fragmentirane musterjenske konice so pomembne predvsem zato, ker so takšne najdbe izjemno redke. Rekonstrukcija teh fragmentiranih primerkov omogoča dobro utemeljene sklepe o njihovi prvotni obliki in pojasnjuje druge podobne, zelo stare primerke, kot tiste iz Vogelherda in Liegllocha. Ker arheološka objava ni primerna za tehnične in računske podrobnosti, je avtor na spletu (Priloga Teorija: http://site.voila. fr/horusitzkymusic1) zbral osnove, povezane s konkretnimi rezultati in praktičnimi rešitvami, ki so razumljive in na voljo vsem raziskovalcem. Te teoretske osnove ne nudijo vedno odgovora na praktična vprašanja. Če fragmenta ne moremo primerjati s prisekanim stožcem in trikotno šablono, ker se presek konice nepravilno spreminja, ali je udarec ekscentičen in/ali konica ni trdno nasajena, si bomo pri določitvi con prelomov za oceno dolžine manjkajočega dela lahko pomagali samo s poskusom in simulacijo. Vendar je treba opozoriti, da izračun in izkustvo ne vodita do absolutne resnice. Še vedno je arheolog tisti, ki mora prispevati svoje znanje pri ustvarjanju dodatnih ali začasnih domnev in tudi sam izbirati med različnimi možnimi rekonstrukcijami. Prevod: Ivan Turk Franfois Zoltän Horusitzky 14, allee des Comtes de Montfort F-78610 Auffargis zhorusitzky@voila.fr