ÉPITHÈTES IMPÉRIAUX SUR LES CURSUS HONORUM JENÖ FITZ Istvàn Kìraly Muzeum, Székesfehérvàr Les épithètes honorifiques, dérivés du nom de l’ em pereurs régnant furent obtenus au IIIe siècle p ar les diffèrentes form ations m ilitaires où arm ées pro ­ vinciales en guise de recom pense soit pour leur fidélité, soit pour le succés d ’ u n exploit m ilitaire. L'épithète était rattaché au nom ou de l’ em pereur donateur et cessa autom atiquem ent lors de sa m ort ou de sa chute. Ce ca- ractère transitoire des épithètes im périaux ne perm et pas que le nom des form ations m ilitaires ayant servi sous le règne de différents em pereurs soit inserit exactem ent et avec une fidélité historique. Lors de l'érection d ’ un m o­ num ent u n seul épithète — celui de l’em pereur régnant — fut inserit. Il n ’ arriva jam ais que sur une inscription de l’époque de Gordien la légion, que le sé- nateur nom m é com m anda sous Sévère Alexandre, ait été surnom m é Seueriana Alexandriana, ou la form ation où il servit comme tribunus laticlauius sous Caracalla ou Elagabale, ait été surnom m ée Antoniniana, m ème si au mom ent donné la légion était de fait Antoniniana ou Seueriana Alexandriana. Dans la maj ori té des cursus honorum seule ces form ations portent un épithète im périal, dont le com m andant nommé sur l’inscription fut en com­ m ande de cette form ation sous le règne de l’em pereurs régnant lors de l’ érec- tion du m onum ent. Les form ations m ilitaires qu’ il com m anda préalablem ent, sous le règne d'un em pereur déja défunt, figurent dans l'inscription sans épi­ thète. Par exemple : 1. P. Aelius Ammonius, comme praefectus, com m anda sous Gordien III. la classis Flauia Moesica Gordiana. Ses form ations m ilitaires antérieures, la cohors V Hispanorum, la cohors I Germanorum ainsi que Vala I Flauia Gae­ tulorum figurent sur l’ inscription sans épithète.2 2. M. Aelius Theo, qui du tem ps de Valérien et de Gallien était leg. Aug. et préalablem ent cxcrcait la fonction de tribunus laticlauius dans la legio X I Claudia et X II Fulminata. Dans l’inscription ces deux légions figurent sans épithète.3 3. L. Annius Italicus H onoratus gouverna la Mésie Inférieure sous Sé­ vère Alexandre.4 Il com anda la legio X III Gemina — qui sur son5 cursus honorum ne porte pas d'épithète im périal (sous Caracalla), quand cette légion A rheološki v estn ik 28 (1977) 393 — selon le témoignage de deux inscriptions de H onoratus à Apulum6 — por- tait l’épithète Antoniniana. 4. A la fin de sa longue carrière de centurio, L. Bassus Sulpicianus était affecté à la legio III Parthica, selon l’épithète im périal de la légion, au temps de Sévère Alexandre. Ses postes précédents — les légions sont sans épithètes — peuvent ètre placés dans les étapes de sa carrière précédant l’ année 222.7 5. T. Flauius Virilis term ina son service m ilitaire égalem ent dans la legio III Parthica Seueriana comme centurion. Antérieurem ent il était encore le centurion de cinq légions, qui furent inscrits sur son m onum ent également sans épithète im périal; comme Sulpicianus, il y servit également avant 222.8 6. M. Cornelius Octavianus gouverna M auretanie Césarienne aprés l’ avè- nem ent de Valérien Caesar — done pas avant 256. — Comme la classis figure sur l’ inscription sans épithète im périal, il dùt ètre le com m andant de la flotte de M isenum avant 253. Comme nous ne connaissons pas une seule inscription de cette flotte portant un épithète du temps de Valérien, il se peut qu’elle n'a jam ais obtenu l’épithète im périal.9 7. Au début de sa carrière C. Furius Sabinius Aquila Timesitheus était préfet de la cohors I Gallica en Espagne.1 0 La troupe auxiliaire ne porte pas d’ épithète su r l’inscription, mais nous n ’ avons aucun point d ’appui à présum er qu’ elle aurait obtenu l’ épithète im périal. 8. L. Iulius Apronius Maenius Pius Salamallianus gouverna la Numidie sous Sévère Alexandre et en mème tem ps fut legatus de la legio II I Augusta Seue­ riana. La legio I Adiutrix est m entionnée p ar le cursus honorum sans épi­ thète im périal, done sa com m ande ne peut pas ètre ultérieure à l’ époque d ’Elagabale.1 1 9. C. Luxilius Sabinus Egnatius Proculus fù t curator rerum publicarum Pisaurensium et Fanestris sous Gordien, quand il érigea son inscription de Pisaurum . Préalablem ent il com m anda la legio X Gemina, également sous le règne de Gordien : à coté du nom de la légion se trouve l'épithète Gordiana. Cependant la legio IV Flauia, dont au début de sa carrière il fùt le tribunus laticlauius, reste sans épithète.1 2 10. Ce fù t M. Ulpius Caius, centurion de la legio I I I Italica Antoniniana, qui érigea le m onum ent de L. M arius Perpetuus, lors de son gouvernement en Dacie. Dans l'énum ération des charges m ilitaires antérieures du consularis, au tem ps de Septime Sévère — il était legat de la legio X IV Flauia, encore plus tòt tribunus laticlauius dans la legio IV Scythica — on ne trouve aucun épithète im périal.1 3 11. Au cours de sa carrière de praefectus praetorio, L. Petronius Taurus Volusianus com m anda de nom breuses form ations m ilitaires — les cohortes de la ville de Rome, dans les légions de la Pannonie et de Germanie — qui tous figurent sans épithètes im périaux. 12. L’ épitaphe d ’Ulpius Florus à Beneventum annonce sa longue carrière m ilitaire en tre 200 et 240. Sa dernière charge ne figure pas dans cette énu- m ération, elle pourrait dater peut-ètre de l’ époque de Philippe. Sa nom ination en 240 com m e trecenarius de la cohors II I praetoria nom m e la formation sans épithète im périal.1 3 Pareillem ent aux cursus honorum, on peut également établir des diffé- rences de tem ps sur les épitaphes énum érant plusieurs soldats et leurs forma- tions, si les troupes y figurent en partie avec des épithètes impériaux, et en partie sans épithètes : 13. M. Aurelius Salvianus, jadis strator consularis de la legio I Italica érigea un m onum ent non seulem ent à sa femme, mais aussi à son fils, M. Au­ relius Ursicinus, qui à l'äge de 20 ans m ourut comme soldat de la cohors IIII praetoria. Près du nom de la légion on trouve l’épithète Seueriana, mais prés du nom de la cohors l’ épithète im périal m anque. Cela peut dénoter que la m ort du jeune homme survena avant 222 — mais il peut aussi s’ agir simple- m ent du fait que le ueteranus érigeant le m onum ent ignorait la distinction ho- norifique de la form ation m ilitaire rom aine.1 6 14. S ur son m onum ent érigé en 230, T. Flavius Sanctinus, soldat de la legio X X II Primigenia Alexandriana, fait m ention de son pére, qui füt déséquipé de la cohors I I I praetoria. Voici encore un cas de m anque éventuel d ’ informa- tion, mais il est aussi possible que le ueteranus ait été déséquipé avant 222.1 7 Le fait d’ un renseignem ent incom plet ou erroné peut aussi surgir dans les cursus honorum où l'épithète im périal m anque et le m onum ent füt érigé loin du lieu du service m ilitaire. Dans une partie des exemples énum érés il est incertain où improuvable si la form ation m ilitaire commandée plus tòt possédait au m om ent donné l’ épithète impérial. Lors de l’ érection de l’ in- scription il était peu im portant si au cours du service préalable la form ation nom m ée possédait oui ou non un épithète impérial, si elle l’ avait requ plus tard ou si l'em pereurs régnant lui à décerné l’ épithète — dans le texte la for­ m ation pouvait figurer sans aucun épithète. C’est un problèm e différent, si au tem ps de l’érection la form ation m ilitaire, à laquelle la personne en que­ stion était affectée, possédait l’ épithète impérial. 15. C. Sulgius Caecilianus, qui érigea son autre m onum ent sous le règne d ’Elagable où de Sévère Alexandre,1 8 selon son m onum ent à Tucabor sa der- nière charge devait ètre celle de préfet de la legio II I Cyrenaica. Si l’ inscrip- tion était fait au tem ps de ce poste et non pas plusieures années plus tard, on peut présum er à juste titre que le dressem ent du m onum ent peut étre daté à une époque où la légion ne rcgut pas encore l’ épithète im périal.1 9 16. [ .. .jatus, qui sous Elagabale füt élevé au rang de praefectus praetorio, fü t à l’avènem ent du jeune em pereur, revétu par désignation extraordinaire de la com m ande de la legio IV Scythica, réservée aux sénateurs. A cette époque la légion ne p o rta certainem ent pas l’épithète im périal Antoniniana.2 0 Sur un groupe m ineur des inscriptions on eut l’ idée m alcontreuse de pro- jeter en arrière l’ épithète im périal m entionné dans les cursus honorum des form ations com m andées antérieurem ent : 17. [ .. ,i]u s A nnian[us] selon son m onum ent érigé en 242 était legatus de la legio X X II Primigenia p. f. Gordiana. Le cursus honorum le m entionne comme tribunus de la legio X et X IV Gemina Gordiana, bien qu’il aurait où servir dans ces deux légions sous Sévère Alexandre.2 1 18. T. Licinius Hierocles était praeses de M aurétanie Césarienne sous Sévère Alexandre, quand les deux inscriptions en son honneur furent faites. Deux autres inscriptions2 2 datent l’activité de Hierocles en M aurétanie de 227. Avant la M aurétanie il était praeses de la Sardaigne, done parm i ses com m an­ des m ilitaires seule celle de la legio II Parthica peut ètre datée au début du règne de Sévère Alexandre. Sur les m onum ents gardant son cursus honorum cependant nous lisons l’épithète im périal Seueriana Alexandriana aussi aprés les noms de la cohors V ili praetoria et de la cohors X I urbana, bien qu’ il dùt com m ander ces troupes en tout cas avant 222.2 3 19. L’ inscription en honneur d ’Ulpius Victor date de 218, lorsque la legio X III Gemina porta de nouveau l’ épithète impérial d ’ Antoniniana. Parmi les form ations m ilitaires com m andées p ar Victor préalablem ent, l’ inscription m entionne la cohors V II Breucorum sans épithète im périal, tandis que la legio II Parthica, dont il fùt le tribun, et la legio V II Gemina, dont il était le praepositus, sont énum érées avec l'épithète d ’ Antoniniana. Selon toute vrai- semblance il servit dans la legio I I Parthica sous Septim e Sévère. Il devait étre procurator ad bona Plautiani dans les années suivant 205, et précédem- m ent dùt servir dans la légion d ’ Albanum. Il est possible que sa mission dans la legio V II Gemina tom bait — au moins en partie — sous le règne de Cara- calla. La légion cependant ne requt que trés tard l’ épithète im périal Antoni­ niana: sa prem ière m ention date de 216.2 4 A cette époque Ulpius Victor n ’ était certainem ent plus en Espagne. Les épithètes Antoniniana, usés irrégulière- m ent, ne représentent done pas mème dans ce cas l’épithète de l’ époque de Caracalla.2 5 Sur les cursus honorum du IIIe siècle les form ations m ilitaires comman­ dées plus to t — selon les exemples cités plus haut — figurent ou bien sans épithètes im périaux, ou bien avec l’ épithète en vigueur à l’ époque de l’ érec- tion. L 'épithète im périal déterm ine done aussi l’ époque de l'érection de ces m onum ents au tem ps du règne des différents em pereurs. Cependant le m anque d ’ épithète à la dernière form ation m ilitaire peut ètre com pris de plusieurs fagons. Il se peut que le m onum ent ait été érigé sous la règne d ’ un autre em­ pereurs. Mais il se peut également que lors de la préparation de l’ inscription la form ation m ilitaire n ’ ait pas encore regu l’ épithète im périal. Du tem ps de Sévère Alexandre on tombe sur une pratique curieuse, ce qui concerne les cursus honorum. C’est le seul em pereurs qui honora ses troupes par trois différents épithètes : Seueriana, Alexandriana et Seueriana Alexan­ driana, et chez une partie de ces form ations m ilitaires l’ épithète obtenu aprés 222 à été changé plus tard par l'em pereur. La distribution et le changement des épithètes varie par provinces, en certains cas par légions, mais selon un ordre discernable. Sur les cursus honorum cette pratique n ’était pas d ’ usage. (S u r la tableau ci-dessous: Seueriana = S, Alexandriana = A, Seueriana Alexandriana = SA) : Personne Formation militaire Épithètes Épithètes sur les cursus honorum T. Licinius Hierocles2 6 legio II Parthica S SA coh. VIII praet. S, A SA coh. X I urbana SA Cn. Petronius Probatus Iunior Iustus2 7 legio XIV Gemina S SA legio VIII Aug. SA, A SA P. Iulius Iunianus Martialianus2 8 legio III Aug. S, A SA Inconnu2 9 legio X X II Pr. S, A SA Inconnu3 0 legio X X II Pr. S, A SA Sur les cursus honorum done, indépendem m ent de l’épithète im périal des différentes form ations m ilitaires et du changem ent éventuel effectué, l'épi- thète im périal reste toujours conséquem m ent Seueriana Alexandriana. Cette uniform ité ne laisse aucun doute sur le fait qu'une déviation de la dénomina- tion norm ale était intentioneile. Les trois sortes d ’ épithètes m arquaient des différences au point de vue de contenu : Seueriana révèle la rattachem ent aux em pereurs populaires de la dynastie : Severus et Caracalla. Alexandriana pour- rait se réferer au program m e du jeune m onarque, tandis que Seueriana Ale­ xandriana exprim e, selon toute vraisem blance la personalité mème de l’ em- pereur, le rattachem ent et la fidélité à sa personne. Ce dernier épithète figure sur les cursus honorum également en ce sens. Comme il s’ en suit des exemples cités plus haut, la fidélité historique ne joue aucun role dans le m entionnem ent des épithètes im périaux sur les cur­ sus honorum. Il faut adm ettre q u ’il n ’ y en avait pas la possibilité, car seul l ’ épithète de l'em pereur régnant pouvait étre m entionné. Mais les épithètes du tem ps de Sévère Alexandre dém ontrent aussi que l'épithète obtenu en réa- lité ne prévalait mème pas, si plusieurs épithètes étaient usités : l’ inscription p o rtait celui qui du point de vue politique était le plus avantageux. L’épithète im périal m entionné prés des form ations m ilitaires au début de la carrière pouvait ètre erroné, mais il pouvait aussi souligner intentionellem ent ra tta ­ chem ent personel à l'em pereur. 1 Épithètes impériaux des formations militaires romaines au IIIe siècle. Sous presse. 2 IGR I 623 = D 8851. 3 CIL XI 376 = D 1192. — Theo est mentionné à l’ époque de Valerien et Gal­ lien dans la legio III Kur. Valeriana Galliena: CIL III 89 = D 1193. Le cur­ sus honorum est de date antérieure. 4 Die Laufbahn der Statthalter in der römischen Provinz Moesia Inferior (Wei­ mar, 1966) 51. 5 CIL III 6154 = D 1174. 6 CIL III 1071, 1072. 7 CIL VIII 2891. 8 CIL VIII 2877 = D 2653. 9 CIL VIII 21000 = AE 1954, 136. 1 9 CIL X III 1807 = D 1330. 1 4 CIL VIII 18270 = D 1196; AE 1917/ 18, 51. 4 3 CIL XI 6338 = D 1187. 4 3 CIL III 1178 = D 1165. 4 4 CIL X I 1836 = D 1332. 4 9 CIL IX 1609. 4 6 CIL I II 5449 = D 2419a. 4 7 CIL X III 7335 = D 7096. 4 8 CIL X 3342. 4 9 CIL V III 1322 = 14854 = D 2764. 9 9 CIL VI 3839 = 31776 = D 1329 + CIL VI 3861 = 31875. 3 4 CIL X III 6763 = D 1188. 9 3 CIL V III 9354; AÉ 1917/18, 68. 2 3 CIL V III 20996 = D 1356; AE 1966, 596. 2 4 Voir mon article mentionné sous Note No. 1 . 2 5 CIL III 1064 = D 1370. 2 6 CIL V ili 20996 = D 1356; AÉ 1966, 596. 2 7 CIL XI 1836 = D 1332. 2 3 CIL V ili 7049 = D 1177 = ILAlg II 633. 2 9 CIL VI 31781a. 3 9 CIL VI 1551. VLADARSKA IMENA KOT ČASTNI VZDEVKI VOJAŠKIH ENOT Povzetek Predvsem so častne vzdevke prejemale vojaške enote v teku 3. stoletja kot pri­ znanje za zvestobo v kritičnih trenutkih ali kot nagrado za bojni uspeh in so jih izgubile z vladarjevo smrtjo oziroma odstranitvijo. Na napisih se ne pojavljajo vsa epiteta, ki so si jih vojaške enote v teku časa pridobile, marveč le tista, ki jih no­ sijo ob času klesanja besedila, glej primere 1 —12. Tako često nudijo kronološko oporo, posebej v primerih, ko je znan datum prejema vzdevka, glej primere 13—14. Mnogo pa je v ohranjenem gradivu tudi spornega ali težko dokazljivega (15—16), zlasti tedaj, ko je bil spomenik postavljen daleč od prostora, v katerem se je enota mudila, in dobimo tudi primere, ko je bil epiteton retroprojektiran (17—19). Vzdevek lahko torej služi kot časovni določevalni moment. Če vzdevka ni, je to znak, da je bil ali tekst klesan pod drugim vladarjem, ali pa enoti v času kle­ sanja še ni bil dodeljen. Za vladarja Severa Aleksandra dobimo izjemno označe­ vanje enot na tri načine, namreč Severiana, Alexandriana in Severiana Alexandriana, ki so bili včasih celò pri eni in isti enoti zamenjani (glej razpredelnico), medtem ko nastopa v cursus honorum vedno zgolj Severiana Alexandriana. Prejkone je vzdevek Severiana izražal navezanost na popularne vladarje te dinastije (Septimija Severa in Karakalo), Alexandriana nakazoval program novega vladarja, obojni epiteton pa podčrtaval vladarjevo osebnost.