LE PRÉFET DE LA P AILE BRITANNIQUE MILLIAIRE SOUS TRAJAN À EMONA JARO ET ANNA ŠAŠEL Slovenska akademija znanosti in umetnosti, Ljubljana D écouverte. E n 1971, sur le chantier du complexe constitué p ar le bätim ent actuellem ent situé aux Nos 36—40 de la rue Tito à Ljubljana, on a déterré au bulldozer une inscription dédiée à Aecorna, déesse locale. Passée inaper- pue, elle a été vendue avec des galets et autres m atériaux pour la construc­ tion d’ une m aison privée: l’ayant découverte, le propriétaire l’ avait placée dans son jardin. En décembre 1976, quand nous avons appris l’existence du m onum ent, le propriétaire en fit don au Musée Municipal de Ljubljana, où il est conservé sous le num éro d ’inv. 1894. Il s'agit d’ une base de m arbré à grain fin (59 X 54 X 23, h. lettres = 3—1,5 cm) avec deux trous d’encastrem ent plombés au sommet et p o rtan t la dédicace sur le còté le plus grand (voir p h o to 1). L’inscription est conpue en ces ter­ mes : Aecornae Aug(ustae) | P. Cassius Secundus \ praef(ectus) alae Brit(annicae) \ milliariae c(ivium ) R (om anorum ) |5 bis torquatae donis \ donatus bis bello | Dacico ab \ im p(eratore) Caesare Nerva \ Traiano A ug(usto) Ger(manico) [10 Dacico I coronis vexillis hastis Parm i les m atériaux dans lesquels était enfouie la base, il y avait aussi des restes de m osaique, ce qui conduit à penser qu’ à l’ endroit de la trouvaille se trouvait tout un ensemble architectural. D atation. La datation peut étre précisée à quelques années près. Dans les titres de Trajan figure le surnom Dacicus (en 102), mais on n ’ y trouve pas en­ core les désignations à!optim us (en 114) et de Parthicus (en 116). Pour la guerre dacique, où le dedicator a été décoré deux fois, on pense à la 2 e guerre de Trajan entre les années 103—106, car le 19 novembre 102 l’ aile est encore attestée en Pannonie inférieure .1 Done, le m onum ent d ’Em ona a été érigé après l'année 106. Si nous tenons com pte du fait que les préfets servaient alors de trois à cinq ans dans une unité , 2 et si nous supposons que Cassius a pris le com m andem ent dans la dernière année de la guerre — done le cas extrème, le moins vraisem blable mais encore possible — nous pouvons lim iter le tem ps aux années 107— 110. Une autre possibilité purem ent théorique, à savoir qu’ il aurait été décoré dans la guerre dacique de Trajan en ta n t q u ’ officier d ’ une autre unité non indiquée, et que seulem ent plus tard — m ais avant l’année 114 — il serait devenu com m andant de l'aile mentionnée, nous paraìt peu pro­ bable. Topographie. Q uant’ à la topographie d ’Emona, la découverte apporte une nouvelle donnée, à savoir qu’à l'em placem ent où elle a été faite, il y avait un édifice consacré à la divinité locale Aecorna. Dans cet édifice se trouvait le mo­ num ent récem m ent découvert, qui p o rtait la statue ou le symbole de la déesse. Il se peut que de cet ouvrage proviennent aussi 3 ex-voto m iniature, trouvés en 1820 sur la colline du chàteau de Ljubljana, lors de travaux d ’ aplanissem ent de la petite hau teu r centrale et des anciennes fortifications locales.3 La situation de la trouvaille au m ilieu de la nécropole nord d ’Em ona étonne .4 L’ édifice sacré aurait-il été érigé de bonne heure, lorsque dans sa prem ière phase la nécropole ne com portait encore que de rares tom bes? Aecorna. Ju sq u ’ici on connaissait 5 dédicaces à Aecorna. Trois d ’ entre elles, m entionnées ci-dessus, sont d ’Em ona ,5- 7 une de N auportus 8 (au jo u rd ’ hui Vrh­ nika) et une d ’Ondód, près de Savaria 9 (aujourd'hui Szom bathely). Voir les textes des inscriptions dans la partie slovène à la page 342. Si nous tenons com pte du fait que le m onum ent proche de Savaria a été érigé à Aecorna p a r les cives Em onienses qui consistunt finibus Savariae et que p ar conséquent là-bas son culte n 'était pas familier, nous pouvons affirm er à bon droit que la vénération de cette divinité était étroitem ent limitée. Une inscription de N auportus, de la période finale de la république, atteste qu’ à cet endroit à vocation ém inem m ent com m erciale ,10 se trouvait une aedes Aequ- ornae, édifiée p ar les soins des m agistrats du village, de vici sententia. Jus­ qu’ ici c’ est avec une grande probabilité que nous pouvions à Em ona aussi sup- poser l’existence d ’ un sanctuaire; la nouvelle découverte en déterm ine l’ em- placem ent avec une assez grande certitude. Il est plus difficile de répondre à la question concernant les qualités déter- m inantes de la divinité. La dérivation étymologique du latin aequor, -oris n'est pas convaincante .11 Comme les cives Emonienses à Savaria, selon toute apparence, appartenaient à la catégorie des artisans et des com m ercants et comme les dedicatores des 3 ex-voto m iniature m entionnés d ’Em ona étaient des esclaves et des affranchis, dont les caractères étaient fort proches de ceux des artisans et des com m erpants, il faut l’ interpréter en liaison avec le commerce, com m e le présum aient déjà Mommsen, Jordan et Roscher. 12 Raison de la dédicace. Pour Cassius la militia quarta s’ écoulait; il était done sur le point d'accèder à Tune des procuratèles centenaires. Si nous ne considérons pas la fonction d’ Aecorna comme étroitem ent limitée, mais si nous adm ettons qu’ elle était la protectrice de to u t ce qui était lié au com­ merce, la dédicace de Cassius devient com préhensible, puisque, pour les procu­ ratèles, il s’ agissait par essence de la sphère d ’organisation et d ’ affaires, l'accent étan t mis sur l’économie financière dans la province. Origine du préfet. Du gentilice m èm e de Cassius, qui est fréquent en Italie et qui est abondam m ent attesté aussi dans tout l’em pire — la gens existait entre autres à Em ona , 13 Celeia,14 Flavia Solva, 15 Poetovio , 16 Savaria , 17 Tergeste, 18 Aquileia1 '9 et dans d ’ autres villes voisines — on ne saurait conclure que le dedicator était issu d'Em onà, mais cela devient plus probable si Ton salt que Cassius s’ était proposé de rendre hom m age à la divinité locale d’Emona, mème si peu connue ailleurs dans le panthéon de la province ou de l’Italie du nord. Ce fait perm ettrait jusqu’à un certain point de penser à bon droit qu’ il était originaire de cette région ou du m oins qu’ il y avait des liens de parenté parti- culièrem ent étroits, ce qui explique que la divinité lui était familière. Ajoutons encore à cela qu’à la fin du Ier siècle, lors de l’entrée de P. Cassius Secundus dans la carrière, les officiers supérieurs étaient dans une large m esure d ’ ori­ gine italique. Em ona était alors selon toute probabilité adm inistrativem ent en Italie .20 Ala B ritan n ica m illiaria. L'identification de l’ unité ne pose guère de pro- blèmes. La m èm e appellation est certes portée aussi par l'aZa quingenaria et la cohors milliaria, mais notre inscription ne perm et pas le doute .21 Il n ’ y a qu’ une ala Britannica milliaria-, son historique a été trai té p ar Cichorius et W agner,22 qui sont parvenus aux constatations suivantes. L’ unité est venue avec Vitellius de la zone militaire britannique ou germanique en Italie (cela n’ est cependant pas prouvé). Après la défaite de Crémone en 69 elle fut dirigée sur la Mésie (cela n’ est pas prouvé non plus), a combattu sous Domitien contre les Daces et les Sarmates (8 6 —93), y a gagné ses premières décorations et le titre torquata ob virtutem ; 23 puis elle s'est établie à Vindobona, où elle est restée jusqu’ à l’ arrivée de la légion, après quoi elle a été transférée en Pannonie infé- rieure, probablement aux environs de l’ année 1 0 0 , mais en tout cas avant l’ année 114, où elle fut temporairement appelée à participer à la guerre parthique, où elle aurait été de nouveau décorée.24 En 117 elle rentra dans sa caserne mère en Panno­ nie inférieure. Les découvertes postérieures et les chercheurs postérieurs ont complété les in­ dications mentionnées ci-dessus par la constatation qu’ elle a participé à la guerre dacique de Trajan .25 Mais la discussion a surtout tourné autour de la garnison de cette unité. La localisation à Regöly, proposée par Kraft,26 a été réfutée par Radnóti qui affirme que les recherches systématiques effectuées à cet endroit n’ ont pas permis de trouver de traces de la place forte.27 Les tentatives de situer cette gar­ nison à Albertfalva, dans la forteresse d’ Alta Ripa (aujourd’ hui Tolna) et à Inter­ cisa28 (aujourd’ hui Dunaüjväros) restent isolées et sans fondement. L’ étude de Rad­ nóti et de Barkóczi, qui constatait la succession géographique des unités mention­ nées dans les diplómes militaires, a situé l’ aile dans la forteresse de Matrica29 (aujourd’ hui Szazhalombatta), en partie aussi à cause du monument funéraire, où cependant l’ aile n’ est pas mentionnée d’ une manière assez déterminante, pour qu’ on ne puisse pas douter de son identité.36 Cette localisation a été acceptée par la plu- part31 des historiens. L’ analyse des unités milliaires d’ Eric Birley32 a montré qu’ elles étaient à peine fondées avant la période flavienne,33 et que leur commandement, quarta militia, correspondait au grade d’ un officier choisi parmi les candidats les plus valeureux. L’ opinion selon laquelle ce commandement n’ aurait été mis sur pied qu’ après les réformes d’ Hadrien,34 est reculée par cette étude de trois générations,35 ce qui nous fait penser qu’ il faut, jusqu’ à nouvel ordre, considérer aussi son histoire préfla- vienne comme incertaine.36 La nouvelle inscription complète et corrige en partie notre connaissance antérieure de l'histoire de l’ unité. Il y est attesté, en effet, qu’ elle portait les deux décorations. Celles-ci nous sont connues fragmentairement par binscription fi­ gurant sur l’ ara de la ville d’ Amasia dans la province du Pont,37 érigée au cours de la guerre de Trajan contre les Parthes (114—117), déjà dans la période de 107—110. Elle les a — théoriquement — obtenues au cours de la guerre de Domitien ou de la 2e guerre dacique de Trajan, peut-ètre une dans chacune, peut-ètre les deux au cours de la dernière. Il semble qu’ il en soit ainsi surtout par le fait qu’ eu égard à son grade on a voulu décorer son commandant deux fois: une fois O R N A FAY C là Ai- ,'\ Ni:\^ i F ,x ( a F rk n :; A I N L > , I |v \ A; ' F J Ä A : A ■ ; v \ . A I^ B Ć A a : A V ’ ^' H AG IC O 'A 5 f (.AA-AìA * ALIAI L A S ; A S .,. ■. 1 Emona (Ljubljana). Dédicace à Aequorna. — Posvetilo Ekorni pour son courage et une fois pour son excellente direction; deux fois de suite lui furent décernés les coronae, vexilla, hastae,3 II est en effet convaincant qu’ avec le commandant fut également décorée l’ unité qu’ il dirigeait — car elle avait réussi gràce à sa direction — et inversement il n’ eùt pas été naturel que l’ unité fùt décorée et que son commandant ne le füt pas. Ce sont là évidemment des conjec­ tures dont il faut encore attendre la confirmation définitive. Si nous élim inons tous les renseignem ents qui pour l’ analyse ne sont pas sürs — bien qu’ ils aient été plusieurs fois utilisés dans la littérature pro- fessionnelle com m e des faits — dans la période en question, pour son histoire nous avons à notre disposition les données suivantes : (1) V indobona (aujourd’ hui W ien), m onum ent fu n é raire : 39 T. F. Draccus \ eqes ( !) alae I F. D. \ Brit. m. c. R. civi \ s Sequanus an. X X X V \ 1 stupendio­ rum xxii. (2) Dunaszentmiklós (ju ste à l’est de Brigetio, au jo u rd ’ hui Szöny), mo­ num ent funéraire : 40 Caelius Saco f. \ an. X X X h. s. e. \ miles alae mi | Flaviae Domitianae |ä civi. Romanae ( !) | Britannicae p. \ t. pater See. v. p. (3) Vindobona, m onum ent fu n é ra ire : 41 T. F. Verecund. | Mag( ) eques alae \ I FI. Aug. Brit. m . \ c . R \C\ur. Italici an. |5 xxxx s. xix h. s. es(t) Pro{ ) | et Priscinus vex. \ et Ingenus hered­ i i ) Vindobona, m onum ent fu n é ra ire : 42 T. FI. Barbi v\eter. alae. \ I FI. \ Aug. Brit. I 5 m. c. R. Lici( ) | M emor fr\atri suo posit. (5) Diplome, unités de l’ arm ée pannonienne en date du 19 nov. 102; 43 en fait partie l’ ala I Flavia Britanniciana milliaria c. R. ( 6 ) Diplome,44 unités de l’ arm ée de la Pannonie inférieure en date du 2 juillet 110 ; en fait partie l’ ala I Flavia Aug. Britannica m. c. R. (7) Diplome,45 unités de l’arm ée de la Pannonie inférieure en date Ier sept. 114, qui sont énum érés . . . et sunt in Pannonia inferiore sub P. Afranio Fla­ viano, item ala I Flavia Aug. Britannic, m. c. R. missa in expeditionem. ( 8 ) Amasia dans la province du Pont, ara : 46 I] O M ]G. SAC[ ] A I FLAVIA ]G. BRITANE ]C. R. BIS TO[R QjVATA OB VIERTV TE]M CVI PERAEEST ]VS. BON[ A p artir de ce qui a été indiqué ci-dessus ainsi que des sources présentées, pour l’ histoire de l’ unité dans la période qui nous intéresse — c’est-à-dire des souve- rains flaviens à Hadrien — on peut conclure ce qui suit. L’aile était composée d’éléments m ontés britanniques dans la période des Flaviens,47 et sous Domitien elle a gagné comme distinction honorifique le cognom en im périal — qui fu t rem placé après sa damnatio memoriae par celui de Augusta — sans qu’ on puisse établir si c’ était pour les com bats contre les Daces et les Sar- m ates ou contre les Chattes. De toute facon, avant la m ort de Domitien (97) elle était déjà en Pannonie ,48 où elle est attestée à Vindobona et près de Brigetio .49 Dès avant le partage de la Pannonie p ar Trajan, son lieu de garnison 50 appar- tenait à la province inférieure .51 Elle participa activement à la 2e guerre da- cique52 de Trajan, où elle fut décorée (probablem ent deux fois ) 53 et, la guerre achevée, elle fu t envoyée dans sa garnison m ère .54 Celle-ci n ’est pas encore établie (elle se situe probablem ent dans un cercle plus large au sud d’ Aquin- cum ). En 114 elle fut envoyée en guerre contre les Parthes , 55 guerre dont elle revint probablem ent en 117 en Pannonie inférieure, où elle resta presque jusqu’ à la fin du siècle. Cursus. La durée prévue pour l’ avancem ent au grade supérieur dans les cadres de com m andem ent des unités auxiliaires était alors de trois à cinq ans .56 La carrière de Cassius commenda done dans les dernières années de l’em pereur Domitien, alors qu’ il était àgé d’ un peu plus de 20 ans, comme le voulait la p ratiq u e .57 Au tem ps de la dédicace, il avait déjà exercé la préfecture de la cohorte, le tribunat de la légion (soit la préfecture de la cohorte m illiaire) et la pré­ fecture de l’ aile quingénaire. Il lui restait à accèder à la procuratèle centenaire et aux procuratèles ultérieures si, évidemment, il ne décidait pas de rester officier en activité jusqu’ à sa m ort, ce qui en raison du m oindre prestige et d’ une certaine am bition, dont il avait déjà fait preuve, était peu probable. L’ existence de ce personnage n’ est attestée nulle part ailleurs. Mais il faut noter que tous les détails de la carrière officielle de P. Cassius Secundus d’ Emona qui sont l’ un après l’ autre — mème les dona militaria — mentionnés fragmentairement dans l’ inscription honorifique AE 1912, 20 font penser au cavalier P. Cassius, dont le cog­ nomen n’ est pas conservé. L’ inscription honorifique de ce dernier fut placée sur le forum dans la ville numide de Cui cui (aujourd’ hui Djemila en Algérie) 58 au 2e siècle, comme on le pense généralement. Par la forme caractéristique de la lettre g dans l'inscription on peut cependant penser qu’ il s’agit de la première moitié du siècle.59 Son curriculum est attesté comme suit: [praef. coh.] trib. mil. praef. alae praef. alae mill, proc. [—] proc. Cappadociae et Armeniae proc. [—] [proc. —] praef. vigilum praef. [annonae Aug.] Dans sa carrière il n’ y a aucun élément qui contredise l’ identification avec le Cassius d’ Emona. Ce cursus officiel relativement brillant, qui est attesté pour le Cassius africain en une succession ininterrompue jusqu’ à la préfecture probable de l’ annona Augusti, serait possible aussi pour un homonyme du Cassius d’ Emo­ na, à savoir pour P. Cassius Secundus, qui fut en 138 consul suffectus,60 et dont le cur­ riculum vitae n ’ est attesté que juste avant le consulat, alors qu’ il était dans les années 135—138 legatus Augusti pro praetore in Africa. Le vide temporei entre la préfec­ ture de baile milliaire de Cassius d’Emona et la légation du demier est d’ au moins 25 ans. La carrière du cavalier de Cuicui le remplit tout à fait. La condition pré- liminaire est évidemment que le souverain lui ait accordò le privilège de passer de l’ ordo equester à Tordo senatorius, ce qui dans la période de Trajan à Marc Aurèle est souvent attesté61 pour les élus qui se distinguaient. En fait nous voyons à la demière ligne de l’ inscription de Cuicul la mention Africa, ce qui peut-ètre n’ est pas uniquement une définition du dedicator, comme on l’ interprète. En outre — de ce point de vue — il est bon de mentionner que P. Cassius P. f. Dexter, que A. Stein62 considère comme le fils du consul suffectus, était inserit dans la tribus Claudia, qui était aussi tribus d’ Emona. Les éléments qui militent pour l’ identification du Cassius d’ Emona avec celui de Cuicui et avec le consul sont done les suivants. Les Cassii d’ Emona et de Cuicui ont le mème praenomen et le méme gentilice (le cognomen du Cassius de Cuicui n'est pas conservé, parce que l’ inscription est fragmen taire); leurs carrières se recouvrent et sont, selon toute apparence, contemporaines. Le Cassius d’ Emona et le consul portent les trois mémes noms; leurs carrières coincident chronolo- giquement; la possibilité existe d'un complément entre ces carrières, si le Cassius d’ Emona est devenu adlectus in ordinem amplissimum; enfin pour le fils du consul, nous savons qu’ il était inserit dans la mème tribus que celle d’ Emona. Tout ce qui a été indiqué ne constitue que des conjectures séduisantes; cepen- dant il faut en rester là, avec l’ espoir, évidemment, qu’ on parviendra à réaliser de nouvelles découvertes. La facon dont P. Cassius Secundus s’ est retrouvé com m e praefectus alae milliariae Britannicae après la guerre dacique à Emona, n ’ est pas claire. Il est im possible d'im aginer qu’ un com m andant en activité, ce qu’ alors il était sans nul doute, eùt pu quitter son unité. On ne peut pas non plus concevoir que toute l’ unité ait été en route vers quelque nouvelle garnison, car son installation perm anente en Pannonie inférieure est encore attestée p ar la suite durant tout le 2e siècle. E n outre, sa présence était nécessaire près d ’ u n territoire nouvelle- m ent conquis. Son absence de courte durée pourrait se ju stifier tout au plus p ar une m ission particulière, le fait q u ’ il ait pu, par exemple, accom pagner le souverain ju sq u ’ en Italie, lorsque les opérations réussies et les réform es d'or- ganisation provinciale promulguées, il ren tra à Rome en 107. Dans ce cas, ce serait à nouveau le signe de la haute estim e dans laquelle était tenus l’ unité et son com m andant, ce qui assurait indubitablem ent à ce dernier une brillante carrière. Sous un tel jour, on com prendrait mieux le m otif qui lui dictait de rendre hom m age à Aecorne dans son sanctuaire local. 1 CIL XVI 47. 2 E. Birley, 'The equestrian officers of the Roman army’, Durham Univer­ sity Journal, Décembre 1949, 8—19 = Roman Britain and the Roman army (1953 = 1961) 133—153, en particulier 137 s. G. Alföldy, Die Hilfstruppen in der rö­ mischen Provinz Germania inferior (1968) 131. 3 CIL III 3831—3833 = ILS 4875 a— c = AU 148—150. Cf. J. šašel, Kronika (Ljubljana) 10 (1962) 113 ss avec photo, où la possibilité est admise que le sanc­ tuaire se dressait sur la coline du cha­ teau. 4 Voir le pian de situation de la né- cropole nord d’ Emona dans Tannexe à l'oeuvre de Lj. Plesničar-Gec, Severna emonska grobišča (The Northern Necro­ polis of Emona, Ljubljana 1972), où le lieu de la découverte se trouve dans le quart nord-ouest du secteur A. 5 CIL III 3831 = ILS 4875 a = A ll 148. 6 CIL III 3832 = ILS 4875 b = AIJ 149. 7 CIL III 3833 = ILS 4875 c = AH 150. 8 CIL III 3776 = I2 2285 = ILS 4876 = ILLRP 33. 9 RIU I 135 = Die römischen Stein­ denkmäler von Savaria (1971) 70. Voir aussi T. A . Horvat, Annales Sabarienses 3 (1928) 96 et B. Saria, Pannonia 1 (1935) 175. 49 B. Saria, RE XVI (1935) 2008 ss. J. Šašel, 'Keltisches portorium in den Ost­ alpen’, dans: Corolla memoriae Erich Swoboda dedicata (1966) 198 ss. 11 Th. Mommsen, CIL I2 2285. H. Jor­ dan dans l’ oeuvre de L. Preller, Römi­ sche Mythologie II 3 (1883) 122 op. W. H. Roscher, Ausführliches Lexikon der grie­ chischen und römischen Mythologie I (1884) 8 6 s. v. Aequorna. Voir aussi W. Schmid, BRGK 15 (1923—24) 183. A cela incline aussi I. Chirassi Colombo, 'I culti locali nelle regioni alpine’, dans le re- cueil Aquileia e l’ arco alpino orientale ( .Antichità Altoadriatiche IX [1976]) 189. 12 Comme auparavant. 43 CIL III 13400 et 11684 (C. Cassius Quietus faisait partie des bateliers de la Save). 44 Aujourd’ hui Celje. 45 Aujourd’ hui Wagna bei Leibnitz. CIL III 5356 = Weber 192 et 5334 + p. 1048 = Weber 180, monument funéraire pour Ti. Cassius Secundus, centurion de la légion XV Apollinaris, des débuts du 2 e siècle. 16 Aujourd’ hui Ptuj. CIL III 4056 et 10878 = AU 371. 17 CIL XIII 6829 et 7008. is In. It. X 4,100.101.300. 19 A. Calderini, Aquileia Romana (1930) 479. 20 Comp, le dernier résumé de cette question que j ’ ai publié dans le recueil Aquileia e l’ arco alpino orientale (Anti­ chità Altoadriatiche IX 1976) 132—140 avec les cartes correspondantes entre les pages 80—81. 21 Cela a été souligné aussi par I. I. Russu dans son oeuvre Dacia si Panno­ nia inferior (1973) 69, où il publie aussi le diplome (p. 19 = AE 1973, 459) avec les mentions: ala I Brit[ ], coh. 1. Bri- tann. milliaria, ala I Britann. c. R. Comp. CIL XVI 175. 179. 180. 22 Le premier dans RE I 1235, le se­ cond dans l’ oeuvre Die Dislokation der römischen Auxiliarformationen (1938) 20 do 24. 23 C'est ce que pensait déjà E. Ritter­ ling, Korrespondenzblatt der Westdeut­ schen Zeitschrift für Geschichte und Kunst 21 (1902) 154. 24 Id., ce que cependant l’ inscription d’ Emona récuse. 25 Par ex. A. Mócsy, RE Suppi. IX 619. 26 Zur Rekrutierung der Alen und Ko­ horten an Rhein und Donau (1951) 143, à cause des diplömes CIL XVI 179 et 180 qu’ on a trouvé là. 27 Limes-Studien (Bale 1959) 134. 28 T. Nagy, dans le recueil Der römi­ sche Limes in Ungarn (Székesfehérvar 1976) 91 et cela à cause du diplome trouvé là-C/L XVI 175, où cependant le complément sur notre unité est incer- tain. A. Mócsy, RE Suppi. IX 618, à cause du monument funéraire trouvé là- C/L III 3305, pourtant l’ unité qui y est mentionnée, n ’ est pas nécessairement l'ala Britannica milliaria. Zs.Visy, ib. 101. 29 'The distribution of troops in Pan­ nonia Inferior during the 2nd century A. D.’ Acta archaeologica Acad, scient. Hung. 1 (1951) 204. 39 Dans la forteresse de Matrica elle est mise aussi par F. Fiilep dans le re­ cueil Intercisa I (1954) p. 241, voir in­ scription page 278 No 5. 31 Par ex. J. Fitz, RE Suppi. IX 398 et dans Acta archaeologica Acad, scient. Hung. 14 (1962) 58. D’ abord aussi A . Móc­ sy, Archaeologiai Ertesitö 82 (1955) 67, mais pas plus tard, voir par ex. notes 25 et 28 en haut (p. 95), comme non plus M. Pavan, La provincia romana della Pan­ nonia Superior (1955) 389. 32 ’ Alae and Cohortes Milliariae’, Co­ rolla memoriae Erich Swoboda dedicata (1966) 54 ss. Pour les ailes milliaires et les problèmes de leur composition, voir D. J. Breeze et B. Dobson dans l’ oeuvre Hadrian’ s Wall (Londres 1976) 154 s. 33 Comp. aussi ce qu’ écrit E. Stein, Die kaiserlichen Beamten und Truppen­ körper im römischen Deutschland unter dem Prinzipat (1932) 245. 34 H.-G. Pflaum, RE XXIII (1957) 1272. 35 Ce que Fon trouvé déjà chez A. v. Domaszewski, Die Rangordnung des rö­ mischen Heeres2 (1967) 130 s., qui cepen­ dant n’ a pas trouvé de véritable explica­ tion, voir ib. p. XXXV (B. Dobson). 36 Cichorius et Wagner s’ appuient pour une telle conclusion sur Tacite, hist. 2.89 et 3.41, mais ici on ne peut pas identifier l’ ala mentionnée. 37 Voir plus bas dans la liste des don- nées sous le No 8 et note 46. 38 Pour les décorations comp. P. Stei­ ner, ’ Die dona militaria', B I 114—1 15 (1906) 1 —98. A. v. Domaszewski-B. Dob­ son, Die Rangordnung des römischen Heeres2 (1967) 137 ss. G. R. Watson, The Roman Soldier (1969) 114 ss. Des exemp­ les sont cités dans les oeuvres mention- nées, tout à fait analogue est par ex. CIL II 1086 = ILS 2712. L’ analyse faite par J. Fitz, ’ Auszeichnungen der Prae- fekten der Alae Milliariae’, Klio 52 (1970) 99—106, a montré les degrés exactement précisés dans les décorations et a rap- proché l’ idée que Cassius d’ Emona a ob- tenu chaque fois deux couronnes, deux drapeaux et deux lances, ce qu’ indique au reste aussi le pluriel employé. Pour les décorations militaires sont à consul­ ter aussi les deux analyses de T. Nagy parues dans Acta Antiqua Academiae scient. Hung. 16 (1968) 289 et dans les Hommages à Marcel Renard II (1969) 536; puis A. Büttner dans Bonner Jahr­ bücher 157 (1957) 127 et, enfin, la thèse relative de Valerie Maxwell (Durham University, Angleterre). 39 CIL III 15197 = ILS 9140. L’ ancien- ne littérature et des photos sont citées par A . Neumann dans Jahrbuch d. Ve­ reines f. Geschichte d. Stadt Wien 17—1 8 1961—62) 18 No 35. 40 L. Barkóczi, Brigetio (1951) 51 No 1 . Il reproduit inexactement le texte AE 1940, 5 d’ après J. Szilägyi, Archaeologiai Ertesitö 51 (1938) 45—54, qui pense que le monument funéraire précédent est plus récent. 41 CIL III 4576; pour la lecture avant tout A. Neumann (voir note 39) 18 No 34. W. Wagner, Die Dislokation 21, le place avec conviction dans la période de Tra­ jan. 42 CIL III 4575; comp. A . Neumann 18 No 33. Wagner le date comme le précé­ dent. 43 CIL XVI 47. 44 CIL XVI 164. 45 CIL XVI 61. 46 CIL III 6748. 47 Cela est indiqué surtout par le nom de l’ unité, donné d’ après le pays de re- crutement — ce qu’ indique le surnom de Flavia et qui est établi par E. Birley dans son étude synoptique (voir note 32); le fait que l'unité était relativement ’ jeune’ est indiqué aussi par l’ écriture des mots dans la titulature, qui plus tard sont toujours abrégés: milliaria, Britannica. Nous pensons que civium Ro­ manorum n’ est pas une épithète de di­ stinction, mais le fait juridiquement pré- cisé qui indiquait que l’ unité n’ était pas uniquement «pérégrine» par sa composi­ tion. — Comme incertains pour l’ identi- fication de l’ unité, nous avons omis par la suite les documents suivants: CIL III 3305 Intercisa; XVI 163; AE 1908, 23 Ni­ copolis en Arménie mineure; Intercisa I (1954) 278 No 5. 48 On ne peut s’ expliquer pourquoi, dans la composition de l’ armée panno- nienne, elle n ’ est pas mentionnée par les diplòmes CIL XVI 31 de l’ année 85 et 47 de l'année 98. 49 Voir plus haut les No 1 et 2. In­ terpretation analogue de Mócsy, RE Suppi. IX 619; comp, encore J. Szilä- gyi, Archaeologiai Ertesitö3 3 (1942) 173 do 189. 50 A ce sujet voir encore J. Fitz, 'A military history of Pannonia from the Marcomann wars to the death of Ale­ xander Severus’, Acta archaeologica Acad, scient. Hung. 14 (1962) 58 et dans l’ étude 'Die Militärdiplome aus Pannonia Inferior in der zweiten Hälfte des 2. Jahr­ hunderts’ , Acta antiqua Acad, scient. Hung. 7 (1959) 421—442. 51 Brigetio n’ entre pas en ligne de compte, parce que cette place forte fut attribuée à la province inférieure seule- ment après la réforme de Caracalla; voir encore M. Pavan (plus haut note 31) p. 430 s et A . Mócsy, Pannonia and Upper Moesia (1974) 92 s. 52 Ce qu’ indique clairement 1'inscrip- tion d’ Emona et que supposait déjà aussi Radnóti et Barkóczi (plus haut note 29) 195. 53 Conclusion sur la base de l’ inscrip- tion d’ Emona. 54 Aucun diplóme et aucune argumen­ tation (mème pas H. Nesselhauf, CIL XVI 163 ou I. I. Russu, voir plus haut note 2 1 ) ne prouve qu’ elle s’ est attardée pour quelque temps en Dacie. A cela in­ cline aussi R. Hanslik, RE Suppi. X 1060; ainsi pensaient déjà Radnóti et Barkóczi (plus haut note 29) 195 et aussi C. Dai- coviciu, Dacia 7 — 8 (1941) 338. 55 Voir plus haut No 7. 56 Voir plus haut note 2. 57 E. Birley, Roman Britain and the Roman Army (1961) 135 s. 58 AE 1912, 20. La lecture a été com- plétée par H.-G. Pflaum, Les carrières procuratoriennes équestres sous le Haut- Empire romain I (1960) 570 No 217 bis. M. G. Jarret, Historia 12 (1963) 215 et Epigraphische Studien 9 (1972) 166. H. Devijver, Prosopographia militiarum equestrium quae fuerunt ab Augusto ad Gallienum I (1976) 229 No 93. 59 Les attestations les plus vieilles en Afrique du Nord datent de l’ époque de Trajan (communication courtoise de M. P. Salama). 99 PIR2 C 521. 61 De tels exemples sont traités en particulier par A. Stein, Der römische Ritterstand (1927) 267; H. Zwicky, Zur Verwendung des Militärs in der Verwal­ tung der römischen Kaiserzeit (Winter­ thur 1944) 93; J. Fitz dans Klio 52 (1970) 99 ss. 62 PIR2 C 490. PRAEFECTUS ALAE I BRITANNICAE MILLIARIAE ZA TRAJANA V EMONI Najdba. Ko so leta 1971 z buldožerjem pripravljali gradbeno jamo za stavbni kompleks Titova cesta 36—40, je bil odkopan rimski napis, za katerega nihče od strokovnjakov ni izvedel. Podrobnosti o najdišču so neznane. Danes vemo le, da je bil z drugim, v glavnem prodnatim materialom, ne da bi ga kdo opazil, prodan za gradnjo hiše Jurčkova cesta 121 E. Ko je lastnik Marijan Presiček kamen od­ kril, ga je postavil na vrt. Za napis smo izvedeli decembra leta 1976. Najditelj ga je prijazno prepustil Mestnemu muzeju v Ljubljani, kjer je hranjen pod inv. št. 1894. Glej fotografijo sl. 1. Gre za bazo iz drobnozrnatega m arm orja (59 X 54 X 23, v. č. = 3—1,5 cm) s posve- tilnim napisom v okviru na večji stranici kvadra, ki je — z izjemo grobo obsekane hrbtne strani — gladko obdelan in ima zgoraj s svincem zaliti moznici (glej sliko). Napis se glasi: Aecornae Aug(ustae) | P. Cassius Secundus \ praef{ectus) alae Brit(annicae) millia- riae c(ivium) R{omanorum) |5 bis torquatae donis | donatus bis bello | Dacico ab \ imp(eratore) Caesare Nerva \ Traiano Aug(usto) Ger(manico) ]10 Dacico | coronis, vexillis, hastis. Črke so elegantno oblikovane, med besedami so razen na koncu vrstic pike; 5 do: loka obeh črk se nekoliko sekata. Med materialom, v katerem se je skrivala baza, so Presičkovi opazili mozaič­ ne kamenčke, kar približuje misel, da je na prostoru najdišča dejansko šlo tudi za ostanke arhitekture. Čas. Datiranje se da precizirati na nekaj let. V Trajanovi titulaturi je vzdevek Dacicus, ki ga je vladar privzel leta 102, ni pa še nazivov optimus (leta 114) in Par­ thicus (leta 116), kar pomeni, da je formulacija lahko nastala med leti 102 in 114. Z dačansko vojno, v kateri je bil dedikant dvakrat odlikovan, je mišljena Traja­ nova 2. vojna med leti 103—106, kajti ala je še 19. novembra 102 dokumentirana v Panoniji inferior.1 Torej je emonski spomenik nastal po letu 106. Če upoštevamo, da so prefekti tedaj služili nekako po tri do pet let pri eni enoti,2 ter vzamemo, da je Kasij komandaturo nastopil v zadnjem letu vojne — torej skrajni, najbolj neverjetni, a še možni primer — lahko čas zožimo na leta 107—110. Druga, zgolj teoretična možnost, da je bil odlikovan v Trajanovi dačanski vojni kot oficir neke druge enote, ki je ni navedel, in je šele pozneje — a pred letom 114 — postal po­ veljnik omenjene ale, bi bila za lase privlečena. Topografija. K emonski topografiji doprinaša najdba nov podatek, namreč da je bila na prostoru, kjer so jo odkopali, lokalnemu boštvu Ekoma posvečena sakralna stavba, v kateri je stal novo odkriti spomenik, ki je nosil kip ali simbol boginje. Morda izvirajo iz tega objekta tudi 3 miniaturna ex vota, ki so bila najdena 1820 na ljubljanskem grajskem hribu ob planiranju osrednje vzpetine in tamkajšnjih starih utrdb .3 Položaj najdišča preseneča, ker je sredi emonske severne nekropole.4 Čeprav njene topografije podrobno ne poznamo, izgleda, da je popotnik, prišedši iz mesta skozi porta praetoria, stopal do Ajdovščine ob vrstah grobov. Na Ajdovščini je bil večji razcep cest proti vzhodu in proti severozahodu na Kranjsko in Koroško. Glav­ na pokopališka cesta — verjetno cesta proti Celeji — pa se je nadaljevala. Vendar je morala biti v sklenjeni vrsti grobov, kot zdaj kaže, vsaj ena vrzel. Ali je bila sakralna stavba postavljena časovno zgodaj, denimo, ko je nekropola v svoji zgod­ nji fazi segala do tja še z redkimi grobovi, ni mogoče reči, dasi se misel vsiljuje. Aecoma. Posvetila Ekorni so bila najdena doslej kot rečeno v Emoni: (1) C. Aemilius \ Felix Aecurlnae) \ v. s. I. m.,5 (2) Auctus \ Aecornae \ v. s. L,6 (3) C. Cl(audius) Pri\am(us) Aec(ornae) \ v. s. I. ra.,7 dalje v Nauportu (danes Vrhnika) : 8 (4) P. Petronius P. I. | Amphio, \ C. Fabius C. I. \ Čorbo |5 magistri) vici aedem I Aequor{nae) de vi(ci) | s(ententia) f laciendum) coir(averunt), ter v kraju Ondód tik zahodno pri Savariji (danes Szombathely) : 9 (5) Aecornae | Aug(ustae) sac{rum) \ Emonienses \ qui \ consistunt \ finibus \ Sa- var(iae) \ v. s. I. m. Če upoštevamo dejstvo, da so spomenik pri Savariji postavili Ekorni cives Emo­ nienses qui consistunt finibus Savariae, da torej tam njen kult ni bil domač, lahko upravičeno trdimo, da je bilo čaščenje tega boštva ozko omejeno. Nauportski napis, ki spada v končno obdobje republike, spričuje, da je stala na tej eminentno trgovski točki10 aedes Aequornae, ki sta jo dala zgraditi tamkajšnja vikomagistra de vici sen­ tentia. Več kot verjetno je bilo že doslej, da moramo tudi v Emoni računati z nje­ nim svetiščem, prvič, ker je njen kult tu dobro dokumentiran, drugič, ker so ga prav Emonci nesli s seboj v tujino. Nova najdba mu z dokajšnjo gotovostjo določa mesto. Težje je odgovoriti na vprašanje, za kakšno boštvo gre. Etimološko izpeljavanje iz lat. aequor, oris n. ni prepričevalno.11 Ker so bili cives Emonienses v Savariji, kot vse kaže, iz trgovsko-obrtniškega sloja in ker so dedikanti omenjenih emonskih miniaturnih posvetil iz suženjsko-oproščenskega sloja, torej močno trgovsko-obrtni- ško karakterizirani, ga je treba spravljati interpretacijsko v zvezo s trgovino, pre­ kupčevanjem, kot so domnevali že Mommsen, Jordan in Roscher.12 Vzrok posvetitve. Kar naj bi visokega oficirja, ki se mu je iztekala militia quar­ ta, nagnilo, da bi postavil spomenik boginji zaščitnici trgovine oziroma prekupče­ vanja — če odštejemo kak povsem osebni razlog — bi utegnilo biti dejstvo, da je stal tik pred napredovanjem na eno od centenarnih prokuratur, kot je bilo za ofi­ cirje njegovega ranga, če se niso odločili ostati v vojski, normalno. Če Ekornine funkcije ne gledamo prav ozko omejeno, ampak dopustimo, da je bila zaščitnica vsega, kar je s trgovanjem povezano, bi bilo Kasijevo posvetilo razumljivo, ker je pri pro kura turah v bistvu šlo za poslovno-organizacijsko sfero s poudarkom na fi­ nančnem gospodarstvu v provinci. Izvor dedikanta. Gentiino ime Cassius je pogosto v Italiji in tudi po vsem impe­ riju bogato dokumentirano, gens je obstajala med drugim v Emoni,13 Celeji,14 Fla­ viji Solvi,15 Poetovioni,16 Savariji,17 Tergestu,18 Akvileji19 in drugih sosednjih mestih; zato samo po sebi komaj dovoljuje kak sklep na provenienco osebe. Vendarle po­ stane ugotovitev, da je gens tudi v Emoni, zgovornejša ob dejstvu, da se je Cassius odločil počastiti emonsko lokalno — v širšem sklopu prav obskurno — boštvo. Dejstvo bi do neke meje dovoljevalo utemeljeno misel, da je izviral odtod ali bil vsaj sorodstveno tesneje povezan s tukajšnjimi ljudmi, tako da mu je bilo boštvo domače. Naj še dodamo, da so bili konec 1. stoletja, ko je P. Cassius Secundus nastopil kariero, višji oficirji v veliki meri Italiki po izvoru. Emona je bila tedaj več kot verjetno administrativno v Italiji.20 Ala Britannica milliaria. Za katero enoto gre, ni dvoma. Isto pokrajinsko oznako nosita sicer tudi ala quingenaria in cohors milliaria, toda čeprav se te enote ne v zasebnih ne v oficialnih tekstih ne označujejo vselej akuratno, naš napis ne do­ pušča dvoma.21 Ala Britannica milliaria je zgolj ena. Njen historiat sta obravnavala Cichorius in Wagner22 ter prišla do naslednjih ugotovitev. Enota je prišla z Vitelijem iz britanskega ali germanskega vojnega področja v Italijo (to ni dokazano), bila po porazu pri Kremoni (69) dirigirana v Mezijo (tudi to ni dokazano), se borila pod Domitijanom proti Dakom in Sarmatom (8 6—93), si tam zaslužila prva odlikovanja in naziv torquata ob virtutem,2 3 nato je bila nastanjena v Vindoboni, kjer je ostala do prihoda legije, nakar je bila prestavljena v Panonijo inferior, verjetno okrog leta 100, vsekakor pa pred letom 114, ko je bila začasno prekomandirana na partsko vojno, kjer naj bi bila ponovno odlikovana.24 Leta 117 se je vrnila v matično kasarno v Panoniji inferior. Poznejše najdbe in poznejši raziskovalci so gornje navedbe dopolnili z ugotovit­ vijo, da je sodelovala v Trajanovi dačanski vojni.25 Predvsem pa se je diskusija vrtela okrog kraja nastanitve te enote. Lociranje na Regöly, ki ga je postavil Kraft,26 je zavrnil Radnóti z navedbo, da sistematična raziskovanja na prostoru niso pokazala sledov trdnjave.27 Osamljeni in brez utemeljitve so poskusi lociranja na Albertfalvo, v trdnjavo Alta Ripa (danes Tolna) ter Interciso (danes Dunaüjvaros) . 28 Radnótijeva in Barkóczijeva študija, ki je ugotavljala geografsko zaporedje v diplo­ mili naštetih enot, je namestila alo v trdnjavo Matrica (danes Szazhalombatta) , 29 del­ no tudi zaradi nagrobnika, na katerem pa ala ni omenjena dovolj določno, da bi se v njeno identiteto ne dalo dvomiti.30 To lokalizacijo je večina sprejela.31 Erika Birleya analiza miliamih enot32 pa je pokazala, da so komajda bile osno­ vane pred flavijskim obdobjem ,33 ter da je poveljstvo nad njimi, quarta militia, zelo izbrano in visoko oficirsko mesto za odlikuj oče se kandidate. S tem je ter­ min, da se le-ta pojavi šele po Hadrijanovih reformah,34 pomaknjen za tri genera­ cije nazaj,35 zaradi česar, menimo, je treba do nadaljnjega tudi črtati njeno pred- flavijsko zgodovino kot negotovo.36 Novi napis delno dopolnjuje in delno korigira naše dosedanje poznavanje o zgo­ dovini enote. Spričuje namreč, da je nosila obe odlikovanji, ki ju fragmentarno spo­ roča edino napis na ari iz mesta Amasia v provinci Pontus,3 7 postavljeni v teku Tra­ janove vojne s Parti (114—117), že v času 107—110, ter da ju je — teoretično — pre­ jela za Domitijanove vojne ali za Trajanove 2. dačanske vojne, morda v vsaki po eno, morda obe za časa slednje. Na to bi kazalo posebej dejstvo, da je bil tudi njen poveljnik takrat skladno s svojim činom dvakrat odlikovan za hrabrost in odlično vodstvo, dvakrat zapored so mu bile podeljene coronae, vexilla, hastae.3 3 Prepričljivo je namreč, da je bila s poveljnikom odlikovana tudi enota, ki jo je vodil — saj je končno po zaslugi njegovega vodstva uspela — kakor bi bilo neprirodno obratno, da bi bila enota odlikovana, poveljnik pa ne. To so seveda ugibanja, na dokončno potrditev je treba še počakati. Če eliminiramo vse podatke, ki za analizo niso trdni, čeprav so se v strokovni literaturi večkrat uporabljali kot dejstvo, imamo v relevantnem obdobju za njeno zgodovino na razpolago naslednje podatke: (1) Vindobona, nagrobnik: 39 T. F. Draccus | eqes (!) alae I F. D. \ Brit. m. c. R. civi\s Sequanus an. xxxxv |5 stupendiorum xxii. (2) Dunaszentmiklós (tik vzhodno pri Brigetioni, danes Szöny), nagrobnik; 40 Cae­ lius Saco. f. I an. xxx h. s. e. \ miles alae m. \ Flaviae Domitianae |5 civi. Roma­ nae (!) I Britannicae p. \ t. pater Sac. v. p. (3) Vindobona, nagrobnik; 41 T. F. Verecund. \ Mag{ ) eques alae \ I FI. Aug. Brit. m. I c. R.\t]ur. Italici an. |5 xxxx s. xix h. s. es(t) Pro( ) | et Priscinus vex. \ et Ingenus hered. (4) Vindobona, nagrobnik: 42 T. FI. Barbi v\eter. alae \ I Fl. j Aug. Brit. |5 m. c. R. Lici( ) \Memor fr\atri suo posit. (5) Diploma, enote panonske armade z dne 19. nov. 102; 43 mednje spada ala I Flavia Britanniciana milliaria c. R. (6 ) Diploma,44 enote spodnjepanonske armade z dne 2. jul. 110; mednje spada ala I Flavia Aug. Britannica m. c. R. (7) Diploma,45 enote spodnjepanonske armade z dne 1 . sept. 114, ki so naštete... et sunt in Pannonia inferiore sub P. Afranio Flaviano, item ala I Flavia Aug. Bri­ tannic. m. c. R. missa in epeditionem. (8 ) Amasia v provinci Pontus, ara : 46 I] O M ]G. SAC[ ]A I FLAVIA ]G. BRITAN[ ]C. R. BIS TO[R QjVATA OB VI[RTV TE]M CVI P[RAEEST ]VS. BON[ Tako iz navedenega kot posebej iz predloženih virov sledi za zgodovino enote v obdobju, ki nas zanima — to je od flavijskih vladarjev do Hadrijana — naslednje. Ala je bila sestavljena iz britanskih kavaleristov v flavijskem obdobju41 in si še pod Domitijanom zaslužila kot častni vzdevek imperialni cognomen — ki je bil po nje­ govi smrti zamenjan z vzdevkom Augusta — ne da bi bilo ugotovljivo, če v bojih proti Dakom in Sarmatom ali proti Chattom. Vsekakor je pred Domitijanovo smrt­ jo (97) že bila v Panoniji,48 kjer je dokumentirana v Vindoboni in pri Brigetioni.49 Že pred Trajanovo razdelitvijo Panonije je njeno garnizijsko50 mesto pripadlo v in­ ferior- provinco.51 Aktivno se je udeležila 2. Trajanove dačanske vojne,52 kjer je bila odlikovana (prejkone dvakrat) , 53 in bila po zaključku poslana v matično garnizijo.54 Ta še ni ugotovljena (verjetno leži v širšem krogu južno od Akvinka). Leta 114 je bila poslana na vojno s Parti,55 iz katere se je vrnila verjetno leta 117 v Panonijo inferior, kjer je ostala skoraj do konca stoletja. Cursus. Od enega napredovanja do drugega v poveljniškem kadru pomožnih enot je trajalo tedaj navadno po tri do pet let.56 Kasijeva kariera se je torej začela v zadnjih letih vladarja Domitijana, ko je bil star nekaj nad 20 let, kot je bilo skladno z navado.57 V času posvetila je bil že opravil prefekturo kohorte, legijski tribunat (ali pa prefekturo kohorte miliarije) in prefekturo ale kvingenarije. Pred seboj je imel cen- tenarno in nadaljnje prokurature, če se seveda ne bi odločil, da bi ostal aktivni ofi­ cir do smrti, kar zaradi manjšega prestiža in določene ambicioznosti, ki jo je že pokazal, ni bilo verjetno. Oseba drugod ni dokumentirana. Treba pa je notirati, da so vse navedene po­ drobnosti iz službene kariere emonskega P. Kasi ja Sekunda druga za drugo — tudi dona militaria — fragmentarno omenjene na počastilnem napisu za plemiča P. Ka- sija, katerega cognomen ni ohranjen. Počastilni napis je bil postavljen na fo­ rumu v numidijskem mestu Cuicul (danes Djemila v Alžiriji) 58 v 2. stoletju, kot je splošno mnenje. Po značilni obliki črke g na napisu pa lahko sodimo, da gre za prvo polovico stoletja.59 Njegov curriculum je dokumentiran takole: [praef. coh.] trib. mil. praef. alae praef. alae mili. proc.[—] proč. Cappadociae et Armeniae proc.[—] [proc. —] praef. vigilum praef. [annonae Aug.] V njegovi karieri ni elementa, ki bi identifikaciji z emonskim Kasijem naspro­ toval. Razmeroma briljantna službena pot, ki je za afriškega Kasija v sklenjenem zaporedju dokumentirana do prefekture prejkone annonae Augusti, pa bi bila vrhu tega tudi možna za homonima emonskega Kasija, namreč za P. Kasija Sekunda, ki je bil 138 consul suffectus;60 in čigar curriculum vitae je dokumentiran šele tik pred konzulatom, ko je bil med leti 135—138 legatus Augusti pro praetore in Africa. Ča­ sovna vrzel med prefekturo ale emonskega in legaturo slednjega znaša dobrih 25 let. Kariera plemiča iz Cuicula jih časovno povsem izpolni. Pogoj seveda je, da mu je vladar naklonil preiti iz ordo equester v ordo senatorius, kar je v času od Trajana do Marka Avrelija za odlikujoče se izbrance pogosto dokumentirano.61 Dejansko vidimo v zadnji vrstici napisa iz Cuicula omembo Africa, kar ni nujno zgolj člen v oznaki dedikanta tega posvetila, kot se interpretira. Dodatno je — s tega vidika — omembe vredno, da je bil P. Cassius P. f. Dexter, ki ga A. Stein62 smatra za sina sufektnega konzula, vpisan v tribus Claudia, ki je bila tudi tribus Emone. Elementi, ki govore za identifikacijo emonskega Kasija s cuiculskim in s kon­ zulom, so torej naslednji. Emonski in cuiculski imata isti praenomen in isti nomen gentile (cognomen cuiculskega ni ohranjen, ker je napis fragmentiran), njuni karieri se pokrivata in sta, kot vse kaže, iz istega časa. Emonski in konzul imata identična vsa tri imena, časovno sovpadata, obstaja možnost skladja karier, če je emonski bil adlectus in ordinem amplissimum; za konzulovega sina vemo, da je bil vpisan v isto tribus kot jo je imela Emona. Vse navedeno so mikavne konjekture; vendar mora pri njih tudi ostati, s tihim upanjem seveda na nova odkritja. Kako da se je P. Cassius Secundus kot praefectus alae milliariae Britannicae znašel po dačanski vojni v Emoni, ni jasno. Nemogoče si je zamisliti, da bi aktivni poveljnik, kar je tedaj brez dvoma bil, zapustil enoto. Spet pa si ne kaže predstav­ ljati, da bi bila vsa enota na poti v kako novo garnizijo, kajti njena stalna nastanitev v Panoniji inferior je spričana nato še skoraj za celo 2. stoletje. Razen tega je bila blizu novo osvojenega področja potrebna. Njeno kratkotrajno odsotnost bi lahko opravičila samo kaka posebna naloga, denimo, da bi spremila vladarja do Italije, ko se je po uspešnih vojnah in zaključnih provincialno-organizacijskih reformah spomladi leta 107 vračal v Rim. V tem primeru bi bil to ponovno znak za visoko oceno enote in komandanta, kar mu je nedvomno zagotavljalo briljantno kariero. V takšni luči postane jasnejši nagib, ki mu je narekoval počastiti Ekorno v njenem lokalnem svetišču. Tudi skopost izraza in oznake v dedikaciji je potem logična, ker je Kasij po­ stavil spomenik v lastni zadevi, vedoč, da je cursus, ki ga splošno od stopnje do stopnje dedikanti vestno beležijo, v tem primeru nepotrebno navesti, zlasti ker je izračunljiv iz enega samega podatka.